Flux RSS



Derniers sujets
» DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF
par Triri Mer 14 Déc - 18:32

» les témoins dans le public
par JFKMJWH Sam 12 Sep - 19:27

» Efficacité du Mannlicher-Carcano
par Triri Sam 27 Déc - 14:16

» la headshoot....
par 69jfk69 Lun 1 Déc - 22:27

» Des tirs depuis plusieurs endroits ? Vos avis.
par JFKMJWH Lun 3 Mar - 23:23

» Oswald travaillait pour la CIA
par jamesdavisadams Lun 3 Mar - 16:59

» Le Lobby Bancaire
par JFKMJWH Lun 24 Fév - 4:20

» Les tirs, configuration du son.
par JFKMJWH Lun 24 Fév - 3:42

» Et s'ils se connaissaient ?
par LoneSniper Ven 14 Fév - 16:14

Connexion

Récupérer mon mot de passe


DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par Triri le Mer 22 Jan - 20:30

1ère partie

Notes préliminaires :

1) J’adopte le mode de désignation français des niveaux d’un bâtiment : rez-de-chaussée pour 1st Floor, 1er étage pour 2nd Floor, etc. Et pour désigner les blocks – ensembles de bâtiments situés entre quatre rues – je le fais, au moyen de leurs seuls numéros (n° 100, n° 200, etc.).

2) Je me cantonne à établir l’existence de deux tireurs au cinquième étage du TSBD, sans exclure pour autant l’hypothèse de l’existence d’autres tireurs, situés ailleurs, notamment sur le Grassy Knoll (notamment dans l’angle de la palissade en bois, dans l’ombre des arbres) et dans l’immeuble Dal-Tex (1er ou 2ème étage).

3) Le bâtiment du Texas School Book Depository est équipé, à l’époque, de trois ascenseurs. Un petit, situé au sud-est du bâtiment, près de l’entrée principale, au milieu des bureaux ; réservé à l’administration et ne partant que du rez-de-chaussée pour n’atteindre que le troisième étage, il est, en partie, doublé d’un petit escalier situé non loin et ne reliant, quant à lui, que le rez-de-chaussée au premier étage (escalier et ascenseur souvent nommés « avant », dans les documents officiels). Deux grands – l’un dit « ouest », l’autre dit « est » – situés dos à dos, le long de la moitié ouest du mur nord du bâtiment ; destinés à tout le personnel, ils relient le sous-sol au dernier étage ; l’ouest peut être appelé (« callable »), par pression d’un bouton, à partir de n’importe quel niveau du bâtiment, à condition que ses deux portes aient été préalablement refermées (manuellement) ; l’est, muni d’une seule porte, n’est utilisable qu’au niveau où il est arrêté, étant principalement destiné au fret – il n’est actionnable qu’au moyen d’une manette, située à l’intérieur. Ces deux ascenseurs sont situés non loin des escaliers principaux qui relient le sous-sol au dernier étage (escaliers et ascenseurs souvent nommés « arrière », dans les documents officiels). A l’exception d’une seule fois, que nous ne manquerons pas de préciser, ces derniers ascenseurs et escaliers sont les seuls dont il sera question, dans notre exposé.


Il y avait au moins deux personnes au 5ème étage du Texas School Book Depository, le 22 novembre 1963, vers 12 h. 30, comme le prouvent ou tendent à le prouver les films de Robert Hughes et de Charles L. Bronson, l’une des deux photos du bâtiment prises par Tom Dillard – notamment après que leurs images aient été agrandies et repiquées – et les témoignages de Arnold Rowland et de John Powell (étayés par les vues prises par Hughes et Dillard), auxquels il convient peut-être d’ajouter la photo polaroïd n° 4 prise par Mary Moorman et le film pris par Beverly Oliver, la première ayant été perdue ou confisquée et le second confisqué (et peut-être encore tous les témoignages, comme ceux de Carolyn Walther ou de Ruby Henderson, moins précis que ceux de Rowland et Powell, notamment quant à la désignation de l’étage observé, et qui peuvent suggérer qu’il y ait eu confusion entre le 5ème et le 4ème étages). Il est fort probable que la fenêtre à l’angle sud-ouest ait servi à un tireur, comme n’est pas loin de le soutenir Rowland (voir infra), certaines des blessures infligées au gouverneur John Connally pouvant, d’ailleurs, correspondre à un tir effectué depuis cette fenêtre.

Il est probable que les tireurs ont accédé à l’étage, dans la demi-heure précédant l’attentat, par l’un des ascenseurs, depuis le rez-de-chaussée ou depuis le sous-sol, après être entrés par l’arrière du bâtiment. Devant la commission Warren, Charles Givens parle d’une absence de l’ascenseur ouest, au 5ème étage, alors qu’il se trouvait, avec Oswald, à cet étage, vers 11 h. 55, et alors qu’il s’apprêtait à redescendre, au moyen de l’ascenseur est, tout en laissant Oswald derrière lui. Avant qu’il ne parte, Oswald lui demande de s’assurer, lorsqu’il sera descendu au rez-de-chaussée, que les portes de l’ascenseur ouest sont bien refermées, car il entend l’utiliser (Comme nous allons le voir, il y a tout lieu de s’interroger sur la crédibilité de la totalité de ce témoignage de Givens). Quelques minutes plus tôt, vers 11 h. 45, du quatrième ou cinquième étage (selon Givens, il s’agit du quatrième, alors que ses collègues ne sont pas parvenus à le déterminer), il avait crié à Billy Lovelady et son équipe (Bonnie Ray Williams, Danny Arce et Givens), qui s’apprêtaient à quitter le cinquième pour le rez-de-chaussée, par l’ascenseur ouest, de l’attendre, car il comptait descendre avec eux, ce à quoi ils lui avaient répondu qu’ils n’avaient pas le temps, mais qu’ils lui renverraient l’ascenseur (si l’on en croit ses déclarations tardives, d’avril et juin 1964, devant la commission Warren et le FBI, Givens remontra finalement au 5ème étage, quelques minutes plus tard, au moyen de l’ascenseur est, parce qu’il y avait oublié ses cigarettes, et y rencontrera Oswald en train de s’éloigner, en longeant le mur est, de l’angle sud-est, l’endroit où sera découvert le fameux « nid du tireur », pourtant situé à l’opposé de l’endroit où devaient se trouver ses cigarettes – cf. supra), ascenseur que finit sans doute par utiliser Oswald, après sa rencontre avec Givens – du moins, après celle avec l’équipe de Lovelady, la seule avérée – puisque Eddie Piper affirme l’avoir vu, à midi, au rez-de-chaussée (William Shelley et – uniquement dans sa déclaration au FBI du 22 novembre 1963 – Givens affirmant, quant à eux, l’y avoir vu, vers 11 h. 50). Au demeurant, Givens a déclaré que, une fois descendu au rez-de-chaussée, après être allé chercher ses cigarettes, il a constaté que l’ascenseur n’y était pas, ce qui indiquerait, si jamais l’ascenseur était bien bloqué (ce que la demande d’Oswald n’impliquait pas nécessairement), soit qu’il s’était débloqué, pendant que lui descendait, soit qu’il était toujours bloqué, mais à un étage autre que le cinquième ou le rez-de-chaussée.

A midi, la majeure partie du personnel (une cinquantaine d’employés présents, ce jour-là) s’était déjà placée, pour une part, à l’extérieur du TSBD, pour attendre le cortège présidentiel, et, pour une autre, dans le même but, aux fenêtres (dont certaines fermées) des étages inférieurs au cinquième, le reste étant occupé à déjeuner dans la salle à manger (lunchroom) (une salle ayant un coin cuisine), au premier étage (salle que, vers 12 h. 15, à peu près tout le monde aura quitté pour rejoindre les collègues), ou dans la salle des dominos (une salle de détente), au rez-de-chaussée, voire dans les bureaux (où, au demeurant, quatre personnes travaillent encore, au 1er et 2ème étages). Par la suite, seuls, James Jarman et Harold Norman, d’une part, et, d’autre part, Williams, semblent avoir fait exception. Alors que les deux premiers s’étaient postés devant le TSBD, vers 12 h. 10, pour attendre le cortège, ils décident, entre 12 h. 15 (voire avant) et 12 h. 20, de monter au 4ème étage, en passant par l’arrière du bâtiment, pour éviter l’entrée principale encombrée par la foule. Ils espèrent ainsi obtenir une meilleure vue sur Houston Street et Elm Street. Avant de quitter le rez-de-chaussée, usant d’une technique dont ils avaient l’habitude, ils plongent la tête dans la cage des ascenseurs qui est vide (ou regardent entre les lattes horizontales espacées dont sont faites les portes – leur témoignage manquant de précision sur ce point, on lira celui de Marrion Baker, qui, placé dans la même situation, en compagnie de Roy Truly, quelques minutes plus tard – voir infra – dira avoir regardé, à travers les lattes des portes fermées, et avoir pu observer tous les étages supérieurs de la cage) et remarquent que ces derniers sont arrêtés au 5ème étage (Du moins, pour ce qui est de l’ascenseur ouest, Jarman croit l’avoir vu ou s’en souvenir). Lorsqu’ils arrivent au 4ème étage, par l’ascenseur ouest, ils referment les portes de l’ascenseur. Quant à Williams, qui avait quitté le cinquième pour le rez-de-chaussée, avec Lovelady, Arce et Givens, il n’avait ensuite pas accompagné ses collègues devant le TSBD, mais était remonté, par l’ascenseur est, manger le sandwich de son déjeuner, au 5ème étage, vers 12 h. 00, où il ne semble pas avoir remarqué la présence de l’autre ascenseur. A cet étage, occupé par un dédale d’empilements de caisses de livres d’une hauteur égalant ou dépassant la taille humaine, alors qu’il est allé directement s’asseoir, au bord de l’allée longeant le mur sud, à environ mi-chemin des deux angles du bâtiment, pour manger son sandwich au poulet, son paquet de chips et boire un soda, il ne remarque aucune présence humaine, ni, semble-t-il, de « nid du tireur » (à propos duquel, étrangement, la commission Warren ne l’interroge pas). S’estimant décidément seul et venant d’entendre du bruit à l’étage inférieur, où Jarman et Norman viennent de s’installer aux fenêtres et lui font soupçonner leur présence, il quitte l’endroit, au plus tard à 12 h. 20, au moyen de l’ascenseur, pour rejoindre ses deux collègues. En arrivant au quatrième étage, n’y prêtant pas attention, il ne remarque pas si l’ascenseur ouest y est ou n’y est pas (en fait, il est quasiment certain qu’il y est). Lorsque, vers 12 h. 32, le directeur du Dépôt, Roy Truly, et l’agent de police Marrion Baker se précipitent vers les portes des ascenseurs, au rez-de-chaussée, pour aller inspecter les derniers étages et, avant tout, le toit, ils constatent que les deux ascenseurs sont indisponibles, depuis le rez-de-chaussée (Si beaucoup de témoins pensent que des tirs sont provenus des étages supérieurs, Baker soupçonne qu’ils sont provenus du toit, ayant vu un vol de pigeons s’en éloigner ; son autorité sur Truly va faire que les deux hommes vont se diriger directement et quasiment sans interruption jusqu’à ce dernier, en jetant, tout au plus, de loin, des coups d’œil, dans toutes les directions, à chaque étage, hormis au cinquième, qu’ils franchiront, d’une traite, par ascenseur, et au premier, où ils s’attarderont, moins d’une minute, pour rencontrer Oswald – voir infra). Utilisant la même technique de localisation que celle utilisée par l’équipe de Jarman, un quart d’heure plus tôt, Truly observe (« I looked up ») qu’ils sont immobilisés au 4ème étage (notons que, à la différence de Baker, lui et tout le personnel de l’établissement, ont l’habitude d’effectuer une telle localisation – Baker s’y essaiera et prétendra avoir remarqué, à travers la porte fermée, la présence d’un « ascenseur de fret », arrêté trois à quatre étages plus haut) ; puis ils s’engagent sans tarder dans les escaliers (le 4ème étage est celui d’où descendront, par les escaliers, dans les dix minutes suivantes, Jarman, Norman et Williams, qui, au passage, feront une brève halte, au troisième, dans les bureaux donnant sur Elm Street, afin d’y rencontrer le personnel – à un étage que venaient de quitter, par les escaliers, aussitôt après avoir observé l’attentat, sans voir ni entendre quiconque d’autre emprunter les escaliers, devant ou derrière elles, deux employées de bureau, Victoria Adams et Sandra Styles, qui atteignirent le rez-de-chaussée, avant même que Baker n’y ait fait irruption, bientôt suivies par leur collègue Dorothy Garner, qui, quant à elle, entendit du bruit dans les escaliers, au-dessous d’elle – probablement entre le rez-de-chaussée et le premier étage – et vit la présence du policier et de Truly, au premier étage). Lorsque, après avoir fait une courte pause au premier étage, le temps d’y identifier Oswald (voir infra), ils atteindront le quatrième, ils constateront que l’ascenseur ouest n’y est plus (ce que fera aussi Jarman, au moment de quitter l’étage, avec ses deux collègues, mais alors même que, comme nous le verrons, la cause de l’absence de l’ascenseur n’aura pas été la même, dans les deux cas), Truly constatant, en outre, qu’il n’est pas non plus à l’étage supérieur, et ils emprunteront alors celui de l’est pour atteindre directement le sixième étage, afin de gagner, au plus vite, le toit, sixième étage où Truly constatera l’absence de l’ascenseur ouest (Baker n’y prêtant pas attention), avant que tous deux ne découvrent un toit désert.

Devant la commission Warren, Truly affirme avoir pensé, sur le coup, que l’absence de l’ascenseur ouest était due à « l’un de ses gars » (« one of my boys »), qui venait de l’emprunter, dans le cadre de son travail. Or, il est très étonnant que, plusieurs mois après les faits, il n’arrive toujours pas à être sûr de la raison de cette absence, ni à mettre un nom sur ce « gars ». A la différence de ce qu’il laisse entendre, tout laisse penser que ce dernier n’est autre que Jack Dougherty et qu’il n’a toujours pas quitté l’étage, où il est à la tâche. Ce dernier affirmera, devant la commission Warren, que, après avoir pris son déjeuner, dans la salle des dominos, au rez-de-chaussée, à partir de midi, il a ensuite repris son travail, vers 12 h. 30 (le jour même, il avait déclaré 12 h. 45, à la police de Dallas et au FBI, ayant sans doute indiqué ainsi l’heure de la fin du déjeuner des employés qui était plus ou moins l’heure règlementaire, si l’on en juge aux témoignages de Truly et de Buell Frazier devant la même commission, horaire qui, au demeurant, pouvait aussi l’arranger, comme nous allons le voir), car il ne souhaitait pas sortir voir le cortège présidentiel, étant donné la trop grande densité de la foule. A la reprise de son travail, il emprunte l’ascenseur ouest pour gagner le cinquième étage, y prendre rapidement quelques livres, avant de descendre, par le même ascenseur, à l’étage inférieur, où il entend, provenant d’en haut, une détonation – dont on n’a aucunement lieu de douter qu’elle soit constitutive de l’attentat – et où, quelques minutes plus tard, l’aperçoivent peut-être, si ce n’est probablement, Truly et Baker (voir supra et infra), du reste, sans que cela soit réciproque, puisqu’il affirme ne pas les avoir vus (peut-être était-il dissimulé derrière des caisses de livres, qui, comme à l’étage supérieur, remplissaient une bonne partie de l’espace, ou encore derrière un pilier, voire peut-être leur tournait-il le dos). Pendant que Truly et Baker montent au 6ème étage, par l’ascenseur est, il descend au rez-de-chaussée (où il rencontre Piper puis un inspecteur de police – voir infra), par l’ascenseur ouest, qu’il vient sans doute d’appeler, à moins qu’on ne lui ait renvoyé (Ainsi, lorsque Truly et Baker ne trouvent pas l’ascenseur ouest au 4ème étage, vers 12 h. 35, c’est parce que les tireurs sont en train de l’utiliser, comme nous le verrons, mais lorsque c’est au tour de Jarman de ne pas l’y trouver, vers 12 h. 40, c’est parce que c’est Dougherty qui est en train de l’utiliser). Tout laisse donc penser que Dougherty est monté au cinquième étage, entre 12 h. 25 et 12 h. 30 (on notera que c’est l’heure où l’équipe de Jarman prétend, de façon peu vraisemblable, avoir emprunté le même ascenseur – cf. infra, nos premières remarques complémentaires – est-ce dire pour rendre impossible son utilisation par Dougherty ?) (12 h. 25 étant probablement l’heure à laquelle il a fini son déjeuner, malgré que, devant la commission Warren, il lui arrive de dire, à deux reprises, qu’il croit avoir entendu – « I believe I did », « I believe it was » – la détonation, avant de déjeuner ! – déclaration qui, à la rigueur, peut s’expliquer, s’il a emporté, avec lui, la fin de son déjeuner, tout en reprenant le travail... ou encore du fait d’une confusion due à son caractère émotif, caractère qu’a, d’ailleurs, tenu à souligner Truly, devant la même commission, tout en ajoutant qu’il était un bon travailleur – très assidu – et tout en semblant ignorer sa prétendue difficulté à synchroniser sa pensée et sa parole, difficulté dont aurait pourtant fait état un certificat médical mis en avant par son père devant la commission), pour y prendre quelques livres, peut-être dans la moitié nord de l’étage, autrement dit sans s’être trop avancé vers la zone où se trouvent les tireurs, dont, a priori, rien ne permet d’affirmer qu’il les ait vus ou entendus, ni même qu’eux-mêmes l’aient vu ou entendu (rappelons que cet étage est un véritable dédale de murailles de caisses remplies de livres et que les ascenseurs sont situés sur la face opposée à celle où se trouvent les tireurs). Le fait d’avoir avoué spontanément, au FBI, dès le 22 novembre, s’être trouvé, au cinquième étage, à peine quelques minutes avant l’attentat, permet d’écarter, sans trop de difficultés, l’hypothèse de sa participation à ce dernier. Par contre, est-il possible qu’il ait été témoin de la présence des tireurs au 5ème étage, et peut-être même au 4ème, puisque ces derniers y ont très probablement pris l’ascenseur, pour redescendre, comme nous l’avons signalé et comme nous le reverrons ? Le fait que, à la question que lui pose un membre de la commission Warren de savoir si, lorsqu’il a repris son travail, il est allé au cinquième, il réponde simplement, à contretemps, qu’il était à cet étage, avant de cesser le travail (ce qui est vrai), puis, alors que son interrogateur lui demande de reconnaître qu’il avait déclaré au FBI que, lorsqu’il avait repris son travail, il était allé au cinquième, il s’empresse de le faire et même de renouveler son propos, mais tout en ne remettant pas en cause sa déclaration quasi immédiatement antérieure, devant la même commission, selon laquelle il y était allé, vers 12 h. 40 (comme s’il ne tenait manifestement pas à y avoir été présent, auparavant) (à la rigueur, il pourrait avoir repris le travail de 12 h. 25 à 12 h. 40, en finissant de manger, si ce n’était pas que, selon toute vraisemblance, Truly n’est pas censé l’avoir rencontré, vers 12 h. 35, en train de manger, mais bien en train de prendre des livres, dans l’attitude de celui qui a assurément repris le travail, qui plus est, au quatrième étage, autrement dit après être censément passé au cinquième pour prendre d’autres livres ; au demeurant, la mémoire de Truly pourrait bien avoir été brouillée, outre par la grande tension vers l’objectif de neutraliser un tueur sur le toit, par le fait que lui et Dougherty se retrouveront, au même étage, un peu plus tard, après que, au rez-de-chaussée, comme le rapporte Dougherty, un policier – qui se serait présenté à lui comme étant du FBI, mais qui était sans doute l’inspecteur J. Herbert Sawyer de la Police de Dallas, comme le laissent clairement entendre les témoignages de Marrion Baker et de Sawyer lui-même, devant la commission Warren – aura demandé à celui-ci de le conduire à son patron, qui se trouvait être alors redescendu au 4ème  ; en effet, Truly affirme bizarrement que, à l’occasion de son retour au 4ème – sans doute pas plus de cinq minutes après son premier passage, puisqu’il estime que pas plus de dix minutes se sont écoulées, depuis son départ du rez-de-chaussée jusqu’à son retour au même endroit, ce que confirmera Baker, devant le HSCA – il a vu Dougherty être occupé à prendre des livres, alors même que sa présence n’aurait pourtant eu d’autres raisons que de guider le policier, et que l’ambiance et les consignes dans le bâtiment étaient sûrement à la cessation du travail, tout en précisant que ses souvenirs concernant cet épisode restent assez confus... précision qui, précisément, pourrait bien être à étendre à sa première présence au même étage...), et enfin à la question de savoir s’il y a alors constaté une présence humaine, il tienne subitement à évoquer, de nouveau, le tout autre contexte d’avant midi, en parlant de tous les employés (l’équipe de Lovelady) qu’il y avait vus, peu avant de cesser le travail, tout cela peut-il – par-delà la constitution émotionnelle particulière de l’individu, que n’était sans doute pas pour ménager une commission d’enquête présidentielle – relever d’une façon maladroite de satisfaire sur deux plans parfaitement inconciliables : et dire la vérité – du moins, ne pas mentir – et ne pas déranger certains intérêts, qui auraient eu le temps de s’exprimer puissamment, pendant les mois séparant ses déclarations au FBI et sa déposition devant la commission Warren ? On peut le penser. Indépendamment de cette question, notons que, après être monté au cinquième étage, il finit par replacer l’ascenseur, au quatrième étage, là même où l’avait placé l’équipe de Jarman, une quinzaine de minutes plus tôt, et qu’il laisse ses portes ouvertes (raison pour laquelle Truly ne pourra pas l’appeler du rez-de-chaussée), sans doute parce qu’il a les bras chargés de livres et/ou parce qu’il s’apprête à y remonter.

De tout cela, il résulte qu’Oswald pourrait s’être trouvé au rez-de-chaussée, à midi, pour gagner le sous-sol ou les docks, y rejoindre les tireurs et leur donner le signal pour monter au 6ème étage (le tout dernier étage, le moins fréquenté du bâtiment). Il pourrait avoir pris l’ascenseur ouest, avec eux, et s’être réfugié, avec eux, au 6ème (où ils referment les portes de l’ascenseur, pour éviter qu’un éventuel utilisateur n’accède à leur niveau pour le débloquer). Ensuite, ayant entendu Williams atteindre l’étage inférieur, par l’ascenseur est, ou y ayant constaté, d’entrée, sa présence (l’antériorité de l’arrivée de Williams sur celle de l’équipe d’Oswald, à leurs étages respectifs, étant probable : devant la commission Warren, Williams finit par affirmer être monté au 5ème, à midi précise, et y être resté pendant une durée ayant pu dépasser dix minutes, après avoir, d’abord, affirmé y être monté, aussitôt après avoir pris le nécessaire pour son déjeuner, dans la salle des dominos, soit, au plus tard, à 11 h. 50), il surveille, de loin, ses mouvements et finit par constater son départ, entre 12 h. 15 et 12 h. 20 (cf. infra, nos premières notes complémentaires) ; les tireurs n’ont alors plus qu’à aller prendre place à l’étage qu’il occupait (étage offrant, par rapport au 6ème, à l’intérieur, une plus grande facilité pour se cacher et une absence de cloison entre les deux fenêtres des angles sud, permettant ainsi une meilleure communication entre des hommes postés à chacune, et, à l’extérieur, une moindre visibilité des fenêtres, dont le style et la taille sont communs à celles des étages inférieurs, et la taille moindre que celles de l’étage supérieur ; par ailleurs, des considérations relatives à l’angle de tir ayant pu entrer en compte et enfin le fait qu’il y avait un étage de moins à descendre, après avoir tiré) ; quant à Oswald, il descend, par les escaliers, au premier étage, où, à 12 h. 32, au détour d’une volée d’escaliers qu’il vient de gravir (ascension ayant pu se prolonger spontanément par le plongement de la tête dans le vestibule de la salle à manger, pour l’inspecter, comme Truly le déclarera au FBI, le 23 novembre), Baker l’aperçoit, portant une veste – probablement une chemise – brun clair, dos tourné, en train de s’éloigner de la porte vitrée fermée du vestibule de la salle à manger ; il s’approche de la porte et l’aperçoit venant d’entrer dans la salle, où il le rejoint finalement, le temps de constater qu’il est calme et qu’il a les mains vides puis de l’identifier, grâce à Truly, qui, se demandant ce que fait l’agent, vient de redescendre la volée suivante (quelques secondes plus tard – sans doute pas beaucoup plus de la trentaine nécessaire au distributeur de boisson de la salle à manger pour livrer une bouteille, et à Oswald pour enlever simultanément sa chemise – Mrs Robert A. Reid, arrivant du rez-de-chaussée, par les petits escaliers sud-est, le verra, en tee-shirt blanc, à un endroit où il n’a pas l’habitude d’être, venant du vestibule de la salle à manger et se rapprochant de la porte donnant sur les bureaux, une bouteille de soda – qu’elle se souvient avoir vue pleine – à la main, parfaitement calme ; il est possible qu’ayant été identifié par un policier, Oswald vient d’enlever sa chemise, afin d’empêcher son éventuel signalement vestimentaire, et qu’il s’éloigne des escaliers principaux, où risquent d’affluer d’autres policiers, le temps de boire sa bouteille – qu’il ne pourrait pas avoir commencé de boire, avant que Baker le rencontre, s’il est vrai que Mrs Reid l’a vue pleine – avant de reprendre sa chemise laissée au vestibule et de quitter le bâtiment. Lors d’un interrogatoire dirigé, dans la soirée du 22, par le capitaine Will Fritz, chef du bureau des homicides de la police de Dallas et chargé de l’enquête – Fritz n’ayant, au demeurant, rédigé qu’un seul rapport, qui plus est, tardivement, à la demande de la commission Warren, pour tous les interrogatoires qu’il dirigea de l’après-midi du 22 au matin du 24 – Oswald affirmera qu’il était déjà occupé à boire la bouteille, qu’il venait d’acheter au distributeur de la salle à manger, lorsque Baker le rencontra ; ce qui, s’il n’a pas menti ou si ses propos ont été fidèlement rapportés, pourrait signifier qu’il l’avait déposée, pour un instant, sur un meuble, et que Baker ne l’avait pas remarquée... à moins que ce ne soit ce dernier – de même que Truly, qui, lui aussi, affirme avoir vu son employé les mains vides – qui ait menti, pour accréditer la thèse d’un Oswald venant juste de descendre rapidement les escaliers, depuis le cinquième, et n’ayant donc pas eu le temps ne serait-ce que de la décapsuler – cf. Warren Report, Appendix XI, p. 600 et 613 – sur tout cet épisode, on trouvera d’autres hypothèses, infra, nos premières remarques complémentaires).

Oswald a laissé tous les ascenseurs, au 4ème étage – où les avaient placés Jarman, Norman et Williams – pour être sûr que l’un d’eux reste non loin des tireurs, à leur disposition, s’ils souhaitent l’utiliser, et encore, éventuellement, pour permettre le jet de l’arme du deuxième tireur dans n’importe laquelle des deux cages d’ascenseur, vides à partir du troisième étage, avant qu’un complice ou eux-mêmes ne la récupèrent au sous-sol (deux cages qui, au demeurant, ne sont que deux parties d’une seule et même cage que sépare une claire-voie, comme le dit Truly : « two elevators in the same well » et comme le montre une brève séquence du documentaire « Four days in november » de David L. Wolper, à la 40ème minute). Les tireurs ont fui, par l’ascenseur ouest, jusqu’au rez-de-chaussée ou jusqu’au sous-sol, entre 12 h. 32 et 12 h. 35 (il est, en effet, peu probable qu’ils aient emprunté l’escalier d’incendie, sur la façade est, trop exposé aux regards extérieurs et à l’objectif d’éventuels photographes) ; ils emportent, avec eux, le second fusil (une arme de forte puissance, selon le témoignage d’Arnold Rowland, qui avait une expérience des armes et qui l’aperçut, depuis le trottoir est de Houston Street, pendant une vingtaine de secondes, entre 12 h. 15 et 12 h. 20, alors qu’elle était tenue par un homme debout, en retrait, à la fenêtre de l’angle sud-ouest, ouverte en sa moitié inférieure, et dont la silhouette n’avait rien de celle d’Oswald – ce qu’étaye, quoique de piètre qualité, un détail qu’a mis en évidence Robert Groden sur la photo prise par Dillard – et alors même qu’une autre silhouette se montra simultanément à la fenêtre de l’extrémité opposée ; tout comme John Powell, qui, avec d’autres détenus de la prison du comté de Dallas, dont le bâtiment était situé à l’angle nord-est de Houston Street et de Main Street, observera, lui aussi, depuis la fenêtre de sa cellule, située au cinquième étage, deux silhouettes et un fusil, au cinquième étage du TSBD, il croira qu’il s’agissait d’agents chargés d’assurer la sécurité du Président – Powell se décidera à se faire le porte-parole de ses co-détenus, dans une interview donnée en 1978, année où le HSCA fait appel à de nouveaux témoignages). Quelques minutes seulement après les tirs contre le Président, Richard Carr verra, depuis le sixième étage du bâtiment situé à l’angle sud-est de Houston Street et de Commerce Street, quatre hommes surgir de l’arrière du bâtiment du TSBD, trois d’entre eux monter dans un break qui file ensuite vers le nord de Houston Street ; quant au quatrième, il le croisera, quelques minutes plus tard, sur Houston Street, habillé d’une veste sombre (dark sport coat), se dirigeant, à pied, à vive allure, vers Dealey Plaza – le même homme, sans doute, qu’observe, de dos, James Worrell, au même endroit et au même moment, en le décrivant, devant la commission Warren, habillé de la même veste, sans pouvoir ni exclure – sans doute pour ne pas contredire le procès-verbal erroné de son premier interrogatoire par le FBI – ni certifier qu’il s’agissait d’Oswald ; ce quatrième homme étant, en outre, celui que Carr affirme avoir vu, quelques minutes avant les tirs, posté à une fenêtre d’un étage supérieur du TSBD – soit à une distance d’un peu plus de 200 mètres – habillé d’un chapeau, d’une cravate et de lunettes (lors de son témoignage, au procès Clay Shaw, en février 1969, Carr désigne le quatrième étage, et, devant le HSCA, environ une dizaine d’années plus tard, il désigne le sixième étage, le seul qui lui aurait été alors visible, depuis son poste d’observation ; de son côté, Jim Garrison – le président du procès Shaw – rapporte qu’il désignait, en fait, la fenêtre voisine du « nid du tireur », au cinquième étage – cf. « JFK, affaire non classée », éd. CFL, p. 83 ; variation de témoignage qui peut s’expliquer, plutôt que par un défaut d’attention et/ou de mémoire, par l’interdiction de renouveler son témoignage que lui avait signifiée le FBI, au moment d’en être le premier destinataire, lors de deux interrogatoires, en janvier et février 1964, dont les rapports officiels font, en effet, état, outre d’un Rambler stationné sur Record Street et non sur Houston Street – à un endroit de cette dernière qui n’était d’ailleurs pas visible, depuis l’endroit où il se trouvait – d’un homme posté derrière une fenêtre fermée du dernier étage du TSBD, le seul étage alors visible depuis l’endroit où il se trouvait ; du reste, si l’on peut bien admettre que, dans les minutes précédant l’attentat, la présence d’un homme s’imposait, aux côtés du tireur de l’angle sud-est du TSBD, pour l’aider à bâtir, au plus vite, en cinq à dix minutes, le « nid » – un assemblage de 24 caisses de 25 kilos chacune – comme semble bien en témoigner le film de Bronson, pris au moment où le cortège présidentiel se dirige vers l’intersection d’Elm Street et Houston Street – afin d’épargner à celui situé à l’angle opposé un effort qui aurait pu le déconcentrer, lui dont la tâche aurait bien été de toucher la cible et non de faire diversion – comme nous le verrons – il reste que sa présence ostensible à une fenêtre s’accorde mal avec le fait que ne devait sans doute sembler finalement avoir été présent, à cet étage, qu’un seul homme, l’occupant du « nid », dont on sait qu’il ne se montra pas habillé comme notre homme au chapeau, puisque, selon la plupart des témoins, tête nue et en tee-shirt blanc ou en chemise de couleur claire ; par contre, le dernier étage constituait pour l’homme au chapeau un poste lui permettant d’intervenir, en tenaille, à l’étage inférieur, en cas de problème – dernière hypothèse qui semble donc la plus probable). Il pourrait donc y avoir eu quatre hommes du complot, en plus d’Oswald, dans le TSBD, l’un deux pouvant être resté caché au sous-sol, pendant que les autres agissaient aux étages.

Oswald pourrait avoir fourni son fusil Mannlicher-Carcano aux tireurs, contre la promesse qu’ils le feraient disparaître, à l’instar de celui utilisé par le second tireur, arme qui, en effet, semble bien n’avoir pas été retrouvée dans le bâtiment, lors de la fouille effectuée par la police de Dallas, le shérif Bill Decker et ses hommes et quelques agents du Secret Service ; et peut-être encore sous le coup d’une offre d’achat très généreuse et qui, à vrai dire, aurait pu et dû éveiller en lui quelque soupçon (peut-être les 170 dollars qu’il laisse à sa femme, le matin du 22 – voir infra – alors qu’il n’a jamais pris part aux dépenses familiales, depuis leur arrivée chez les Paine, comme le rapporte Mrs Paine ; soit, si l’on y ajoute les 13 dollars qu’il avait en poche, au moment de son arrestation, et dix-sept autres qu’il pourrait avoir dépensés, pendant les jours précédents – parmi lesquels, les dix offerts, exceptionnellement, à sa femme pour l’achat de chaussures, « juste avant, ou à un moment proche de l’assassinat », comme le rapporte encore Mrs Paine, et comme semble le confirmer Marina, qui, à ce propos, parle d’achat de chaussures pour leur fille aînée, Oswald n’ayant, au demeurant, pas revu sa femme, le dernier week-end – dix fois le prix que lui avait coûté l’achat de l’arme ; depuis un certain temps, Marina le relançait pour l’achat d’une machine à laver et, un mois plus tôt, elle avait donné naissance à un deuxième enfant ; 200 dollars qui, au demeurant, n’auraient sans doute pas inclus la probable promesse de paiement du reste de la participation à l’attentat. Au demeurant, si on admet qu’il lui restait une partie des 208 dollars que lui avaient rapportés – par paiements, semble-t-il, hebdomadaires, malgré ce que Truly pouvait bien vouloir dire, en parlant d’une « nouvelle période de paie » ayant commencé le mercredi 16 octobre, pour justifier qu’Oswald ait commencé son travail à cette date, et tout en laissant néanmoins supposer que la paie hebdomadaire avait lieu le mardi – les quatre premières semaines de son emploi au TSBD – la cinquième étant restée impayée – auxquels s’ajoutaient 33 dollars d’allocation chômage touchés début novembre, et étant donné qu’on peut grossièrement estimer à 20 dollars ses dépenses hebdomadaires indispensables, pour son propre logement – 8 dollars – sa propre nourriture – rudimentaire – et ses propres déplacements – 80 cents pour un aller et retour en bus entre son domicile et son lieu de travail – l’offre d’achat de l’arme pourrait avoir été inférieure à 200 dollars ; offre d’achat qui aurait été d’autant plus tentante, que, à cette date, Oswald n’aurait plus été rémunéré par le FBI et/ou une agence de renseignement, pour services rendus – peut-être à son détriment, à savoir au gré d’une manipulation – comme certains ont soutenu qu’il l’avait été, dans un passé récent, voire très récent – cf. Mémorandum de J. Lee Rankin de janvier 1964, dossier HSCA n° 000101, et  Jim Garrison, « JFK, affaire non classée », éd. CFL, p. 212-215 et p. 142-143 et 225-226). Le matin du 22, en arrivant au TSBD, pour entamer son travail, Oswald a été vu (par au moins un témoin – voir infra) entrant dans le bâtiment, sans le long paquet dont il avait auparavant prétendu, devant son collègue Buell Frazier, qui, ce jour-là, lui servait de chauffeur (et qui évaluera la longueur du paquet à environ 60 centimètres, alors que sa sœur, Mrs Linnie Randle, qui aperçut furtivement le paquet, dans la cour de son domicile, voisin de celui des Paine, avant le départ des deux employés, l’évaluera à environ 70 centimètres), qu’il contenait des tringles à rideau – et qui, très probablement, au lieu de cela, contenait le Mannlicher-Carcano démonté – paquet qu’il avait pourtant emporté de la maison des Paine, à Irving, où il avait passé la nuit (et où étaient entreposées les affaires du couple, depuis son dernier déménagement), et qu’il venait de sortir de la voiture de Frazier (Le détective Robert Studebaker, chargé d’effectuer les photos officielles de l’enquête, au 5ème étage, n’a bizarrement pas photographié l’emballage, confectionné en forme de sac, qu’il prétend pourtant avoir localisé dans le « nid du tireur », contrairement aux policiers John Hicks et Elmer Boyd et aux shérif-adjoints Roger Craig et Luke Mooney qui, tous quatre présents au 5ème étage, en même temps que lui, qui plus est, avant lui – Mooney fut même celui qui découvrit le « nid » – soutiennent – implicitement, dans le cas de Mooney – n’y avoir jamais vu – ou ne pas se souvenir avoir vu, dans le cas de Boyd – un tel sac. Après que les tireurs aient déballé le fusil, Oswald pourrait donc s’être appliqué à le faire disparaître, étant donné qu’il pouvait porter des traces de l’arme et ses propres empreintes digitales et que Frazier l’avait vu, de près, en sa possession. Quoi qu’il en soit, il y a une très grande probabilité que le paquet qu’il transportait ait contenu le fusil, puisque un paquet contenant des tringles à rideau ne fut jamais retrouvé dans le TSBD et, en tout cas, ne fut jamais remarqué, dans la matinée, par aucun des employés, alors qu’Oswald n’aurait sans doute eu aucune raison de le dissimuler à ce point ; par ailleurs, bien qu’il ait affirmé, le matin du 24, devant le capitaine Will Fritz et l’inspecteur des postes Harry Holmes, que le sac qu’il avait apporté, le matin du 22, contenait son déjeuner, composé d’un sandwich au fromage et d’une pomme – le fait que, à la question posée, il ait répondu ne pas se souvenir si ce sac était petit ou grand, rend sa déclaration douteuse, malgré la fatigue accumulée pendant les quarante huit heures séparant celle-ci du matin du 22 – cf. Warren Report, Appendix XI, p. 636 – Il reste cependant une autre possibilité : le paquet contenait un autre fusil – le second – devant lui aussi servir à l’attentat, le Mannlicher-Carcano étant, quant à lui, apporté au TSBD, à l’insu d’Oswald, le tout pour éviter tout risque de soupçon de la part de ce dernier, tout en le rendant suspect, sur la base du témoignage de Frazier, dont l’inadéquation partielle avec la thèse officielle pouvait être mise sur le compte d’une erreur d’observation, comme nous l’avons fait. Hypothèse rendue moins probable que la précédente par le fait qu’elle complique grandement le déroulement des opérations à Irving : Oswald aurait probablement dû prendre possession du second fusil, à l’extérieur du domicile des Paine, lequel aurait, par ailleurs, dû être cambriolé, sans traces d’effraction, dans la nuit du 21 au 22 ou, plus sûrement, dans la matinée du 22 – dans la mesure où rien n’empêchait Oswald de vérifier la présence de son arme, avant son départ – à moins d’admettre que, chez les Paine, quelqu’un d’autre qu’Oswald participait au complot. Il est donc beaucoup plus probable qu’une somme d’argent et un discours persuasif aient suffi à manipuler Oswald, en manque de ressources financières et de perspective d’avenir). Il était descendu du véhicule, le paquet dans les mains, sans attendre, contrairement à ses habitudes, que Frazier ait fini de garer sa voiture, sur le parking des employés, situé à environ deux cents mètres au nord-ouest du bâtiment du TSBD, et avant de le distancer, là encore contrairement à ses habitudes, d’une vingtaine de mètres, lors de leur marche commune, jusqu’au bâtiment, via les voies ferrées (raccourci) (Devant le HSCA, Frazier évaluera cette distance à une bonne centaine de mètres, estimation assurément plus vraisemblable, dans la mesure où il est censé avoir laissé tourner le moteur de sa voiture, pendant au moins deux minutes, pour recharger la batterie, alors qu’Oswald avait déjà commencé à se diriger vers son lieu de travail). Tout au long de la marche, afin d’assurer le maximum de discrétion au transport – dans une zone très dégagée, d’intense trafic ferroviaire et bordée de bâtiments à étages, qui plus est, un jour où n’importe qui pouvait avoir spontanément l’attention éveillée par le transport d’un tel objet – il avait tenu le paquet le long du corps, une extrémité dans l’aisselle et, probablement, le verrou, qui devait être saillant sous l’emballage, dans la main (la culasse étant la partie la plus lourde, elle devait donc être située en bas, pour un meilleur équilibre), pour empêcher la pièce la plus lourde et la plus pénétrante, à savoir le canon et sa culasse (quoiqu’il l’avait probablement attaché à la pièce en bois, et que le sac, fabriqué en papier d’emballage plié, devait être naturellement renforcé à ses extrémités) de glisser et de déchirer l’emballage ou encore, plus sûrement, de déséquilibrer la tenue du paquet, avec le risque de sa chute et là encore d’une déchirure de l’emballage et/ou d’une indiscrétion ; détail que n’avait probablement pas pu bien observer Frazier, qui avoua qu’il était distancé et qu’il ne prêtait pas beaucoup d’attention à ce qu’il pensait vraiment être des tringles à rideau (devant le HSCA, il dira que, comme à son habitude, il était distrait par la circulation des locomotives), raison pour laquelle il pourrait avoir eu l’illusion que l’extrémité basse se trouvait dans la paume d’Oswald (ce que la trop grande taille d’un paquet contenant un Mannlicher-Carcano M 91/38 démonté – 89,5 centimètres – rendait impossible). Au terme de la marche, Oswald avait fini par entrer, le premier, dans le TSBD, par la porte arrière donnant au rez-de-chaussée, juste après être sorti, pendant un moment, du champ de vision de son collègue (qui semble n’avoir finalement pas pu remarquer s’il est entré avec ou sans le paquet – situé à l’intérieur du bâtiment, Dougherty, quant à lui, affirmera l’avoir vu entrer, les mains vides). Oswald pourrait donc avoir déposé le paquet, fabriqué avec du papier d’emballage provenant du TSBD (ou de son fournisseur ou d’un autre client de celui-ci), dans l’une des poubelles qui se trouvaient à l’arrière du bâtiment (zone des docks), pour pouvoir venir le récupérer, depuis l’intérieur, plus tard ; au cas où le calendrier et les horaires de ramassage des ordures l’auraient permis, il pourrait même carrément l’y avoir laissé, à la disposition des tireurs, qui n’auraient eu plus qu’à le prendre, avant d’entrer dans le bâtiment.


(suite plus bas, à la date du 12 juin 2014)


Dernière édition par Triri le Jeu 23 Fév - 21:30, édité 46 fois (Raison : Correction concernant Richard Carr, et quelques précisions, ailleurs.)

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par Triri le Sam 25 Jan - 13:51

La conclusion la plus probable à laquelle je suis arrivé (...à laquelle je joins quelques nouveaux éléments, complémentaires, entre autres, le témoignage de Carolyn Arnold, qui, dans un premier temps, m’avait laissé très sceptique...) :

EMPLOI DU TEMPS D’OSWALD (ET ACCESSOIREMENT DE TIPPIT)

11 h. 50 : descend par l’ascenseur ouest, au rez-de-chaussée, depuis le 5ème étage où il travaillait. Avant de descendre au sous-sol ou de gagner les docks, il tient à faire remarquer sa présence et à prendre la mesure de la situation, au rez-de-chaussée : nombre, localisation et attitude (notamment relativement à la porte de l’escalier donnant dans le sous-sol ou à celle donnant sur les docks et à celles des ascenseurs) des personnes qui s’y trouvent, quantité et intensité de l’affluence des employés sur le trottoir d’Elm Street. Il s’arrête, quelques minutes, dans la salle des dominos, peut-être pour y surveiller, par une fenêtre, les docks et l’entrée arrière (salle des dominos, où, selon sa première déclaration au FBI, Givens affirme l’avoir vu, vers 11 h. 50, occupé à lire un journal, et où, lors d’un interrogatoire dirigé par le capitaine Fritz, Oswald lui-même laisse entendre qu’il se trouvait, affirmant avoir été présent au rez-de-chaussée pour déjeuner, et y avoir rencontré Jarman et un autre Noir, de petite taille – probablement Norman, dans la mesure où, les yeux fixés sur un journal, il pourrait n’avoir pas vu Givens, qui, du reste, à la différence de Norman, était de grande taille, et qui, avant de déjeuner hors du TSBD, qui plus est, après l’attentat, pourrait n’avoir fait qu’un passage éclair dans cette salle, ce dont Oswald aurait même pu ne pas se souvenir – lesquels Jarman et Norman confirmeront avoir commencé leur repas (devant le HSCA, Jarman contestera néanmoins avoir déjeuné, ce jour-là), dans la salle des dominos, vers 11 h. 55, avant que Jarman ne fasse un aller-retour au 1er étage pour se procurer une boisson, et que tous deux ne terminent leur repas, en déambulant entre la salle des dominos et la porte de sortie donnant sur Elm Street, qu’ils franchiront vers 12 h. 10, Norman avouant, par ailleurs, avoir vu quelqu’un présent dans la salle des dominos, mais en prétendant ne pas pouvoir se souvenir de qui il s’agissait : il pourrait bien s’agir d’Oswald, Dougherty ayant pu n’y être présent, pour déjeuner, qu’à partir de 12 h. 05).

12 h. 05 : monte au 6ème étage, depuis le sous-sol ou le rez-de-chaussée, avec les deux tireurs, voire, à leur suite.

12 h. 20 : descend, seul, au 1er, par les escaliers, et prend place dans la salle à manger. Carolyn Arnold, qui quitte son bureau, situé au premier étage, pour rejoindre le devant du bâtiment, sur Elm Street, qu’elle atteint vers 12 h. 25, fait une halte dans cette salle, pour boire un verre d’eau, et l’y voit assis, seul, « semblant être en train de prendre son déjeuner » (« appeared to be having lunch ») (déclaration faite, lors de deux interviews par Earl Golz, en 1978 – année où le HSCA sollicite de nouveaux témoignages – pour corriger les procès-verbaux de ses deux auditions par le FBI de novembre 1963 et mars 1964, que, jusque-là, il ne lui avait jamais été donné de relire pour approbation et qu’elle estime très infidèles à ses déclarations originelles, et quoique, d’ailleurs, le premier aurait dû conduire à son audition par la commission Warren – il y est, en effet, question d’une rencontre, vers 12 h. 15, dans le sas de l’entrée principale, de quelqu’un qui lui semble avoir été Oswald).

12 h. 32 : au 1er, rencontre Baker et Truly, puis Mrs Reid.

12 h. 34 : Au moment de sortir du bâtiment par la porte principale, indique à deux journalistes l’endroit du rez-de-chaussée où se trouve le téléphone. Contourne le bâtiment par l’est, à l’affût du véhicule prévu pour le ramasser. Y croise un homme ressemblant, et par le physique et par le comportement, à Jack Ruby (censé avoir été présent, à 12 h. 30, au siège du Dallas Morning News, situé à environ 200 mètres au sud du TSBD) ; homme dont la présence devant le bâtiment du TSBD et sur son flanc oriental est attestée par plusieurs témoins (Victoria Adams, Phil Willis, Mrs Avery Davis, la fille Lopez), si ce n’est par plusieurs photos. Selon le témoignage de la fille de Mrs Lucy Lopez et de trois de ses collègues d’un atelier de couture, l’homme lui tend un revolver ; si c’est le cas, et étant donné que, lors de son arrestation, Oswald est censé avoir essayé en vain de se servir de l’arme qu’il portait, il pourrait s’être agi d’un revolver modifié pour ne pas fonctionner. Au demeurant, juste après lui avoir tendu le revolver – à moins que ce n’ait été juste avant – le même Ruby pourrait s’être dirigé vers la pergola bordant le parking, pour vérifier si le Rambler devant transporter Oswald se trouvait bien dans les parages et notamment sur le parking, là même où un break Nash Rambler de couleur pâle fut photographié, en noir et blanc, par Jim Murray, dans les minutes suivant l’attentat, Jean Hill ayant, en effet, vu un homme lui ressemblant se précipiter depuis le TSBD dans cette direction, vers 12 h. 33 (A noter que Ruby portait un chapeau mou, qu’il pouvait, à volonté, en guise de déguisement, mettre sur la tête ou, au contraire, ranger facilement dans une poche intérieure). N’ayant pas trouvé le véhicule sur Elm Street et ne le trouvant pas non plus sur Houston Street (dernier endroit où il est, d’ailleurs, très probable qu’il avait été prévu qu’il le prenne, tant, en sa partie nord, il devait être quasiment désert et donc propice à un embarquement discret), Oswald va le chercher sur le parking, aperçoit enfin, du haut du Grassy Knoll, le Nash Rambler qui arrive lentement sur Elm Street, dans la direction du Triple Overpass ; émet un sifflement strident, pour appeler le chauffeur (au type hispanique), puis dévale le Grassy Knoll, avant de monter à bord du véhicule arrêté (témoignage de Roger Craig) (Au chapitre III de son ouvrage « When they killed a president », Craig rapporte une information que lui avait fournie le procureur Jim Garrison : le chauffeur du Rambler venait d’être arrêté par la police, immédiatement après l’attentat, avant d’être aussitôt relâché, au motif qu’il ne parlait pas l’anglais (!), cette arrestation – s’ajoutant à la circulation encombrée, dans le quartier, aux alentours de 12 h. 40, comme le prouvent photos et témoignages – ayant donc pu être la cause de son retard de plusieurs minutes).

12 h. 43 : Le Rambler arrive au pied du Grassy Knoll, embarque Oswald, puis repart et file vers le Triple Overpass, avant d’emprunter l’autoroute de Stemmons, en direction du viaduc de Houston Street.

12 h. 48 : Le Rambler est aperçu par Tippit, à la sortie du viaduc. Tippit se met aussitôt en route, non pas exactement dans son sillage, mais dans la direction du lieu du rendez-vous, qui est probablement quelque part sur East 10th Street. Pas dans son sillage, puisqu’il doit éviter d’être aperçu en train de suivre le Rambler, jusqu’aux abords de 10th Street, où il pense que le véhicule s’apprête à déposer directement Oswald. Il quitte donc Zang Boulevard, par Marsalis Avenue. Leur rencontre sur 10th Street doit paraître inopinée, une pure coïncidence, à d’éventuels observateurs. Pour cela, leur arrivée dans la rue et le sens dans lequel ils la parcourent doivent être opposés : pour l’un – Oswald – arrivée à l’ouest et parcours vers l’est, pour l’autre – Tippit – arrivée à l’est et parcours vers l’ouest. Du même coup, jusqu’à l’instant du rendez-vous, ils n’auront aucune occasion de se croiser ou de se suivre. Tippit a donc tout lieu de quitter en trombe, comme il le fait, la station service : depuis cette dernière, 7 minutes vont suffire au Rambler pour rejoindre East 10th Street, par Beckley Avenue. Cette célérité de Tippit tend à prouver, outre le stress dû à la difficulté de la mission à remplir, que l’heure du rendez-vous (faux rendez-vous) était très proche et qu’elle était à respecter de la manière la plus stricte (voir infra). De son côté, le chauffeur du Rambler doit sans doute ignorer qu’Oswald a ensuite rendez-vous (du moins, ignorer l’endroit où le rendez-vous doit avoir lieu, dans la mesure où, comme nous l’avons vu, il pourrait avoir eu pour tâche de l’informer d’un changement d’horaire), raison pour laquelle il va le quitter définitivement, après l’avoir déposé, à proximité de l’entrée de son domicile.

12 h. 51 : Oswald est chez lui, où il change de vêtements (du moins, peut-être le fait-il, car la chemise qu’il portait au Texas Theatre, au moment de son arrestation – comme l’atteste la photographie prise par Jim MacCammon, montrant Oswald empoigné par des policiers, à la sortie du Texas Theatre – pourrait avoir été la même que celle vue par Baker, voire aussi par Craig, au TSBD ; à noter que, s’il a changé de chemise, comme il le déclare au capitaine Fritz, il devrait avoir mis dans une poche de la nouvelle le ticket de correspondance de bus, puisque ce ticket est censé y avoir été retrouvé, dans les locaux de la police ; la validité de ce ticket n’étant que d’une heure, il aurait donc eu l’intention ou, à la rigueur, se serait réservé la possibilité, d’utiliser le bus pour aller au rendez-vous ; or, puisque aucun chauffeur ou passager de bus ne l’a vu dans un bus, à Oak Cliff, cet après-midi, l’hypothèse qu’Oswald n’a jamais reçu ce ticket des mains d’un chauffeur et qu’il ne le possédait pas, au moment de son arrestation, s’en trouve renforcée) ; il endosse un blouson gris clair à fermeture éclair, ne serait-ce que parce qu’il vient peut-être de laisser au TSBD le blouson bleu qu’il aurait porté, en allant au travail (comme peut sembler en témoigner, à la différence de son frère Frazier, Mrs Randle, devant la commission Warren) (Sur cette question du blouson, voir, infra, nos Remarques complémentaires III) ; il prend un revolver (si ce n’est pas Ruby ou un autre qui lui a procuré auparavant celui que l’on retrouvera sur lui) et attend le signal prévu pour sortir. Un blouson identique sera retrouvé, vers 13 h. 40, sous un véhicule garé sur un parking situé derrière une station service sise à l’angle nord-est de Crawford Street et Jefferson Boulevard, sur l’itinéraire qui est censé l’avoir conduit au Texas Theatre, où il sera arrêté sans blouson, et avec des papiers au nom de Lee Harvey Oswald. Ce blouson retrouvé ne contenait sans doute pas le portefeuille portant les papiers principaux au nom de Alek James Hidell (le pseudonyme sous lequel il avait notamment commandé le Mannlicher-Carcano, au printemps précédent), qui, plus vraisemblablement – et à supposer même qu’il ait bien existé – fut retrouvé sur le lieu du meurtre de Tippit, comme le soutiennent le capitaine William R. Westbrook, censé l’avoir découvert, et l’agent du FBI Robert M. Barrett, quitte à ce que ce soit Westbrook qui l’y ait apporté ou que l’objet ait été retrouvé dans une poche de Tippit ou dans sa voiture, dans la mesure où aucun des premiers témoins arrivés sur les lieux, y compris les ambulanciers, n’affirme l’avoir vu. Si c’est bien Oswald qui s’est débarrassé du blouson, il pourrait avoir soupçonné que le meurtrier de Tippit avait commis son crime, en portant le même blouson que lui (ce que semblent confirmer la plupart des témoins, qui parlent d’un meurtrier habillé d’un blouson clair, le témoignage le plus probant étant celui de Ted Callaway, qui le vit, de près, et parle d’une « veste coupe-vent gris clair » - « light tannish gray windbreaker jacket » – portée par un homme fuyant, vers le sud, sur Patton Avenue, arme au poing... et ce que semble aussi confirmer le chauffeur de taxi, Whaley – qu’il mente, en cherchant à accréditer la thèse d’un Oswald qui n’est pas repassé chez lui, ou qu’il ne mente pas, en donnant une vraie description du faux Oswald – lorsque, devant la commission Warren, il affirme que son client portait un blouson gris... sous un autre bleu...). Peut-être avait-il été obligé d’informer Tippit et leurs « supérieurs » de la façon dont il serait habillé, lors du rendez-vous, au prétexte de pouvoir être plus facilement reconnu. Au demeurant, Warren Allen Reynolds, qui avait été lui aussi témoin de la fuite du tueur (depuis le magasin de vente de voitures d’occasion dont il était l’employé, situé à l’intersection de Jefferson Boulevard et Patton Avenue), déclara, dans un premier temps – d’abord, non officiellement, puis, officiellement, à l’occasion d’un premier interrogatoire par le FBI, le 21 janvier 1964 – qu’il n’était vraiment pas sûr, si ce n’était qu’il était sûr du contraire, que l’homme qu’il vit descendre Patton Avenue, en courant, arme au poing, emprunter Jefferson Boulevard et tourner dans la station service, était Oswald, puis, plus tard, devant le FBI et la commission Warren, après avoir été l’objet d’une tentative d’assassinat, le 23 janvier 1964, et de diverses persécutions, qu’il était sûr qu’il s’agissait d’Oswald (cf. Robert J. Groden, « The search for Lee Harvey Oswald », p. 133). Pour autant, ayant suivi le fugitif, jusqu’à la station, pour finalement le perdre de vue, il n’a pas pu le voir se débarrasser éventuellement du blouson, ce qui n’exclut donc pas une possible coïncidence entre un Oswald se débarrassant de son blouson, sur le parking situé derrière la station, et un tueur empruntant, quelques minutes auparavant, une voiture, sur le même parking ou dans ses parages, ou trouvant momentanément refuge dans un recoin du lieu (précisons que le parking communiquait avec la station, possédait une autre entrée, sur Crawford Street, et était longé, au nord, par une ruelle). Un collègue de Reynolds, Harold Russell, qui avait été lui aussi témoin de la fuite du suspect et s’était aussitôt rendu sur les lieux d’où étaient parties les détonations, en remontant Patton Avenue, pendant que Reynolds suivait le tueur, sur Jefferson Boulevard, sera tué, censément par accident, par un policier, en 1967.

12 h. 59 : Au signal du double coup de klaxon devant son domicile, Oswald sort de chez lui et se rend à pied (ou autrement, comme nous le verrons) sur East 10th Street. Lors de ses déclarations au FBI et à la commission Warren, Mrs Earlene Roberts a précisé que le véhicule ayant klaxonné était un véhicule de police, qu’il portait un numéro d’immatriculation qui n’était pas celui du véhicule de Tippit, qu’il était occupé par deux agents et qu’il arrivait du sud et se dirigeait vers la jonction de Zang Boulevard. Ce véhicule venait probablement de vérifier la présence du faux Oswald sur l’itinéraire qu’il devait emprunter (faux Oswald qui fut déposé au 500 Beckley Avenue, à 12 h. 56).

..................................................................................................................................................

12 h. 55 : C’était l’heure du faux rendez-vous fixé à Tippit, sur East 10th Street. Une heure à respecter impérativement, la consigne lui ayant été donnée de ne pas s’attarder, en cas d’absence d’Oswald, mais d’aller sur-le-champ recevoir de nouvelles consignes par téléphone. N’y ayant pas trouvé celui avec qui il avait rendez-vous, Tippit a filé au Top Ten Record pour prendre contact avec son « supérieur » qui lui indique alors que le rendez-vous est nouvellement fixé à 13 h. 05, au même endroit. En filant au Top Ten Record, il s’est retrouvé, par hasard, à suivre le véhicule de James Andrews, sur West 10th Street, véhicule sur lequel il a eu subitement des doutes et qu’il a brusquement immobilisé pour l’inspecter.

..................................................................................................................................................

13 h. 05 : Tippit est abattu, à l’angle de Patton Avenue et de East 10th Street. Heure corroborée par les témoignages de Roger Craig, Helen Markham, Mrs Margie Higgins et Temple Ford Bowley ; ce dernier, dans sa déclaration devant notaire du 2 décembre 1963 (dans le cadre des auditions conduites par le shérif), dit être arrivé, en voiture, sur les lieux, après le meurtre, et être aussitôt venu en aide, à 13 h. 10 précise (à sa montre), à une personne – qui ne peut qu’être Benavides, si on se rapporte au témoignage de celui-ci devant la commission Warren – qui estimait avoir des difficultés pour alerter la police, au moyen de la radio de bord du véhicule de Tippit (la source d’information de Craig, lequel dit avoir été informé à 13 h. 06, aurait donc été autre, à moins que Benavides n’eût déjà réussi, à son insu, à lancer l’alerte) ; de son côté, Mrs Higgins rapporte à Barry Ernest que, présente à son domicile, sur 10th Street, elle entend le présentateur de la télévision annoncer « 13 h. 06 », ce qu’elle vérifie aussitôt à sa pendule, juste après quoi, elle  entend les coups de feu et va observer la rue, par la fenêtre, où elle aperçoit le corps de Tippit allongé et un homme tenant un pistolet qui s’enfuit sur Patton Avenue, homme que, au moment de voir Oswald à la télévision, elle identifiera comme n’étant certainement pas celui-ci (cf. The girl on the stairs, p. 89-91) ; quant à Mrs Markham, elle déclare, devant la commission Warren, s’être trouvée dans la rue, après avoir quitté, à 13 h. 04 (heure qu’elle a constatée chez elle, à son départ), son appartement, situé à l’angle nord-ouest de Patton Avenue et de 10th Street, pour aller prendre le bus, au sud de Patton Avenue, au moment de reprendre son travail (ce qu’elle a l’habitude de faire, dès les premières minutes après 13 h).

13 h. 14 : Oswald arrive sur les lieux, aperçoit (probablement de loin) ce qui vient d’arriver, et, en état de semi-panique, dévie en direction de Jefferson Boulevard et du Texas Theatre, où il sera finalement arrêté, à 13 h. 50. Si le vendeur de confiserie du Texas Theatre, Warren H. Burroughs, ne se trompe pas ou ne ment pas, en disant lui avoir vendu des popcorns, à 13 h. 15, dans le hall d’entrée (cf. James W. Douglass, « JFK et l’indicible », p. 389-390), Oswald pourrait avoir été déposé, entre 13 h. 05 et 13 h. 10, aux abords de East 10th Street, par une voiture qui n’était certainement pas celle de Tippit, ni, très probablement, celle des deux policiers ayant klaxonné devant son domicile, ou encore le Rambler qui l’avait pris sur Dealey Plaza. Ce dépôt en voiture tend à être prouvé par le fait que personne ne dit l’avoir vu se déplacer à pied ou en bus, depuis son domicile, à ce moment de la journée, qui était néanmoins le moment où la majorité de la population était occupée à suivre les événements, à la radio et à la télévision. Oswald achète des popcorns, au moment d’entrer dans le Texas Theatre, et non, comme le prétend Burroughs (quoique semble venir à l’appui de son témoignage celui de Jack Davis, un spectateur présent dans la salle – cf. Jim Marrs, « Crossfire », p. 353, et Douglass, ibid.), à un moment où il vient de quitter son siège de la salle, dans laquelle il serait auparavant entré, par un escalier menant du hall d’entrée au balcon puis par un autre menant du balcon à la salle, « entre 13 h. et 13 h. 07 », sans qu’il ait pu l’apercevoir depuis son stand de confiserie (ce qui laisse entendre que, entre 13 h. 07 et 13 h. 15, Burroughs est censé se trouver hors de son stand, dans le hall, où il peut voir la porte d’entrée du bâtiment, et que, avant 13 h., Oswald ne peut pas avoir déjà parcouru le trajet depuis son domicile). Il est possible qu’Oswald achète des popcorns, au stand de Burroughs, pour banaliser son arrivée et sa présence ultérieure dans la salle de spectacle, et ce, après qu’il ait eu sans doute payé son ticket d’entrée, contrairement à ce qu’a prétendu la guichetière Julia Postal, devant la commission Warren, alors que, le 23 novembre 1963, devant l’enquêteur Jones Harris qui l’interrogeait sur ce point, elle avait, par son attitude faite de sanglots et de mutisme, clairement laissé entendre le contraire, contraire dont Burroughs rapporte même à Jim Marrs qu’elle lui en a fait la confidence – cf. Tom Wallace Lyons, réf. infra ; sa réponse devant la commission Warren ayant pu, par contre, concerner le faux Oswald, quoique, à l’instar du marchand de chaussures John Calvin Brewer, dans le magasin duquel Oswald est censé avoir fait étape avant d’entrer dans le Texas Theatre, elle l’a décrit habillé d’une chemise brune et ne portant pas de blouson (jacket), comme le vrai Oswald, au moment de son arrestation (cf. infra). Burroughs pourrait s’être trompé (plus sûrement qu’avoir menti, puisque la raison en serait, pour le moins, énigmatique, tant la version officielle s’en trouve réfutée, selon laquelle Tippit a été tué, vers 13 h. 15), soit en ayant éventuellement confondu Oswald avec un sosie qui, selon lui-même et d’autres témoins, se serait trouvé lui aussi dans la salle, plus exactement au balcon, avant d’être arrêté, juste après Oswald, sosie qui n’aurait donc pas pu être l’assassin de Tippit, mais bien un second sosie, soit en s’étant trompé d’heure (quoique, à la rigueur, déposé en voiture près d’East 10th Street, vers 13 h. 05, Oswald pourrait avoir eu le temps de gagner, à pied, le Texas Theatre, d’y faire son entrée dans la salle, sans être aperçu par Burroughs – dont, du reste, on connaît mal la raison du créneau horaire pendant lequel l’entrée d’un client n’aurait pas pu lui échapper – puis d’en ressortir, le tout en dix minutes). Si la vente de popcorns a bien été faite au vrai Oswald, soit à 13 h. 15, soit un peu plus tard, et s’il n’y a jamais eu qu’un seul sosie présent dans la salle, celui-ci pourrait être entré, vers 13 h. 35, moment où, depuis son stand, Burroughs a entendu quelqu’un franchir précipitamment la porte d’entrée du bâtiment, pour probablement disparaître, en direction du balcon (cf. Jim Marrs, « Crossfire », p. 353) ; ce que vient corroborer Julia Postal, lorsqu’elle affirme que Brewer, lancé à la poursuite du suspect parti de son magasin, est entré, à son tour, dans le bâtiment, juste après un flash d’info radiophonique annonçant la mort du Président, diffusé à 13 h. 35 (cf. John Armstrong, « November 22, 1963 »). Si l’assassin de Tippit fut un sosie présent dans la salle et le seul sosie à s’y être jamais trouvé – ce qui, sur la base du chronométrage de Burroughs, rendrait impossible qu’il l’ait confondu avec Oswald – il aurait vu, ou été renseigné, qu’Oswald s’était réfugié dans le Texas Theatre, lieu où il lui fallait désormais attirer les policiers, pour permettre l’arrestation de ce dernier, raison pour laquelle il aurait pris la précaution de s’installer au balcon, endroit où Oswald avait a priori peu de chance de se trouver et qui avait plus de chance d’être inspecté par les policiers, après la salle d’orchestre ; son arrestation ayant malgré tout finalement eut lieu, probablement effectuée par des policiers étrangers au complot ou rendus dubitatifs ou encore soucieux de supprimer tout indice propice à une suspicion ultérieure. A noter que, selon le témoin Bernard J. Haire, lorsqu’il sort par l’arrière du bâtiment, escorté par des policiers (alors que le vrai Oswald est sorti par l’avant), il ne porte pas de blouson, mais un pull-over. Etant donné que, après être entré dans le Texas Theatre, sa mission était terminée, il n’avait plus aucun intérêt à garder sur lui le blouson pouvant l’incriminer et pouvant, du même coup, enrayer la mécanique du complot. Quant à la preuve que l’homme ressemblant à Oswald, réfugié, pendant quelques secondes, dans l’entrée du magasin de Brewer, était bien le vrai Oswald, elle tiendrait dans le fait que, devant le commission Warren, Brewer a affirmé que cet homme ne portait pas de blouson (jacket), mais une chemise brune, si ce n’était pas qu’il affirme aussi l’avoir aperçu, depuis l’extérieur, ne pas acheter de ticket au guichet d’entrée ; dernier point qui, rapporté, d’une part, au témoignage évolutif de Postal sur la question, à celui de Burroughs parlant d’une entrée précipitée d’un inconnu, vers 13 h. 35, et à cet autre de Postal parlant d’une entrée de Brewer sur les traces de ce dernier, juste après, et, d’autre part, à celui de Burroughs parlant du vrai Oswald présent à partir d’au moins 13 h. 15, à celui de Haire parlant d’un sosie en pull-over, et aux preuves de l’arrestation d’Oswald habillé d’une chemise brune, permet de conclure qu’une caractéristique essentielle de l’inconnu a été indûment attribuée à Oswald : une même attitude fuyante s’exprimant depuis le magasin de chaussures jusqu’au balcon. Ce qui, pour autant, n’interdit pas de penser que, de son côté, Oswald fuyait lui aussi, et, du reste, pourrait-on dire, quant à lui, fuyait réellement.

Le faux Oswald (qui n’était probablement pas présent au TSBD) a pris le bus, à la station située à l’angle d’Elm Street et de Murphy Street, vers 12 h. 35, mais s’est trompé de bus (bus dont le chauffeur, Cecil MacWatters, n’a pas pu identifier comme étant Oswald l’homme auquel il avait donné un ticket de correspondance, ni faire une description précise de ses vêtements, mais tout en évaluant ses mensurations et son âge et en l’affirmant brun, d’une façon compatible avec ce dernier). Il a ensuite pris le taxi de Whaley, à la station de bus située à l’angle de Lamar Street et de Jackson Street, et s’est fait déposer, à 12 h. 56, très au delà du domicile d’Oswald, entre autres pour pouvoir être arrivé à l’heure au rendez-vous avec Tippit. Son ticket de correspondance sera « offert » à Oswald, dans le commissariat de police, par quelqu’un faisant comprendre à celui-ci qu’il est dans l’intérêt de tout le monde qu’il ne dise pas avoir pris le Rambler. C’était, d’ailleurs, sans doute une consigne qui avait été préalablement donnée à tous les membres du complot de n’impliquer aucun des autres membres, en cas d’arrestation (En outre, les Paine possédaient un véhicule identique à celui vu par Craig, jusqu’à la couleur vert pâle de la carrosserie et jusqu’à la couleur des plaques d’immatriculation autre que celles du Texas – cf. Barry Ernest, « The girl on the stairs », p. 149-150 – ce qui pourrait n’avoir pas été un hasard, mais bien un moyen de chantage, comme tend à le prouver la réaction peinée et peut-être même suppliciée d’Oswald, lorsque, en fin d’après-midi du 22 – soit la veille de la mention officielle de la découverte du ticket de bus dans l’une de ses poches – Fritz lui annonça, en présence de Craig, que ce dernier l’avait vu quitter Dealey Plaza, juste après l’attentat, tout en ne lui précisant pas comment il l’avait vu faire, si ce n’est finalement par une simple allusion, au moment de lui demander : « Qu’en est-il de la voiture ? », à quoi Oswald répondit : « Le break appartient à Mrs Paine – n’essayez pas de la mêler à ces histoires ! Elle n’a rien à voir avec ça ! », déclaration qui n’affirme pas nécessairement qu’il lui ait bien appartenu – quoiqu’il ait pu être utilisé à son insu – au demeurant, à notre connaissance, aucune recherche effectuée, depuis, n’étant parvenu à déterminer où se trouvait son véhicule, au moment de l’attentat, malgré que des policiers, envoyés à son domicile, dans l’après-midi du 22, le virent-ils garé dans la cour : un Rambler vert clair aux plaques d’immatriculation d’une couleur autre que celle utilisée au Texas, tout comme celui vu sur Dealey Plaza – cf. ibid. – mais qui affirme peut-être que, étant donné que les chefs du complot souhaitaient qu’il en fût officiellement ainsi, au cas où l’utilisation d’un Rambler par Oswald eût été parfaitement établie par les enquêteurs, lui, Oswald, ne pouvait qu’aller dans leur sens, s’il souhaitait avoir une chance qu’ils le tirent d’affaire, peut-être même selon une promesse qu’ils lui auraient faite – cf. Craig, ibid. ch. II, et son témoignage devant la commission Warren – on pense évidemment au souci exprimé par Clay Shaw qu’Oswald, qui venait d’être arrêté, dispose d’un avocat, ce qui pourrait n’avoir été qu’une façon de faire patienter le prévenu, en vue de protéger les autres membres du complot, jusqu’à ce qu’une solution expéditive soit trouvée, à savoir celle qu’on allait connaître). Quant au carnet de bord du taxi indiquant la montée du client à 12 h. 30, on peut avancer deux hypothèses. L’une psychologique : si le chauffeur avait été déjà informé des tirs contre le Président et qu’ils avaient eu lieu à 12 h. 30 (dans sa déposition à la commission Warren, il ne précise ni comment ni quand il a appris la nouvelle de l’attentat – au demeurant, ce n’est pas son client qui pourrait lui avoir appris, puisqu’il est censé être resté muet, pendant tout le trajet ; de son côté, le vrai Oswald n’ayant sans doute pas été en peine d’inventer que le chauffeur lui avait annoncé qu’on venait de tirer sur le Président, comme il est censé l’avoir affirmer à l’inspecteur du Secret Service Thomas J. Kelley, lors d’un interrogatoire, le matin du 23), marqué par cette information, il pourrait avoir eu le mauvais réflexe de noter 12 h. 30 au lieu de 12 h. 45 (comme il aurait dû le faire, selon sa méthode d’arrondissement aux dizaines ou quinzaines de minutes). L’autre pratique : devant la commission Warren, il a précisé que, pour ne pas perdre de temps, il avait l’habitude de noter les références de ses transports de passagers, après les avoir effectués, parfois jusqu’après en avoir effectué quatre, lorsque les clients s’accumulaient dans son véhicule ; il devait donc faire l’effort de se ressouvenir et de l’heure et de l’endroit où le client était monté et descendu ; ce qui explique sans doute son habitude de compter par dizaines de minutes ou par quarts d’heure. Il pourrait donc s’être trompé d’une dizaine ou d’une quinzaine de minutes... d’autant plus que le facteur psychologique évoqué précédemment pourrait avoir eu le temps d’être effectif, Whaley ayant encore eu plus de chance d’avoir entendu parlé des « tirs contre le Président à 12 h. 30 », vers 13 heures. Il a affirmé qu’il avait noté, en même temps, les deux transports effectués entre 12 h. 15 et 12 h. 45, soit sans doute au plus tôt à 12 h. 56, heure véritable où il dépose le client du deuxième, et, au plus tard, juste avant 13 h. 15, heure où il est censé commencer le transport suivant.

Bien sûr, la question qui ne manque pas de se poser est la suivante : pourquoi le vrai Oswald n’aurait-il pas pris les transports en commun, s’il devait être vu les prendre, afin que soit accréditée la thèse du tireur solitaire agissant par ses propres moyens, d’autant plus que, si, de son côté, le faux Oswald avait utilisé un véhicule du complot, il aurait sans doute été encore plus à même d’être arrivé sur 10th Street avant Oswald ? La réponse est double : d’une part, il ne fallait pas risquer d’éveiller les soupçons d’Oswald, en lui demandant d’être le seul à utiliser ce type de transport, alors que les autres membres du complot auraient, quant à eux, bénéficié de véhicules plus adaptés à une évacuation d’urgence ; d’autre part, il fallait être sûr qu’Oswald soit présent à son domicile dès entre 12 h. 50 et 12 h. 55, pour pouvoir recevoir le signal (et, par conséquent, pour pouvoir ne pas arriver trop tard sur le lieu de l’assassinat de Tippit), ce que l’utilisation de transports en commun aurait rendu aléatoire (cette utilisation ayant ultérieurement sans doute beaucoup moins risqué d’être dommageable, dans le cas du trajet court et direct de la ligne de bus reliant son domicile à l’arrêt le plus proche du lieu du rendez-vous... comme pourrait, d’ailleurs, l’attester le fait que Mrs Roberts l’a vu se poster, une fois sorti de son domicile, à l’arrêt de bus situé à droite de la sortie du domicile, avant de le quitter des yeux – selon sa déclaration au FBI du 5 décembre 1963 – cet arrêt étant situé dans le sens sud-nord de la ligne, il pourrait n’avoir été qu’un point de passage vers l’arrêt situé, un peu plus loin, dans le sens inverse, et Oswald pourrait s’y être arrêté, le temps d’inspecter discrètement les alentours, en laissant croire à un éventuel filateur qu’il comptait se rendre au nord ; pour autant, puisqu’il n’a été vu dans aucun bus circulant dans Oak Cliff, cet après-midi du 22, cette inspection n’aurait visé qu’à ouvrir le trajet à pied, à moins qu’il ne se fût pas agi, voire pas seulement, d’inspecter les lieux mais d’attendre un véhicule autre qu’un bus) ; par contre, le faux Oswald pouvait se permettre de mettre plus de temps pour parvenir sur les lieux du rendez-vous, celui de 13 h. 05... jusqu’à même proposer de céder sa place de taxi, au moment du départ, à une femme âgée désireuse de l’avoir, comme Whaley rapporte qu’il le fit (du reste, notons que cette offre ne pouvait quasiment pas le retarder, puisque les taxis disponibles ne manquaient pas dans la station, raison pour laquelle, d’ailleurs, le chauffeur dissuada la femme d’accepter la proposition)... preuve aussi qu’il n’était pas homme s’estimant traqué ou risquant de l’être... comme le prouve encore le fait que, alors que le chauffeur venait de lui proposer de s’asseoir à l’arrière, il ait préféré s’asseoir à côté de lui, soit sur la place passager la plus exposée aux regards extérieurs (...et intérieurs, pour ce qui est des gourmettes qu’il portait au poignet, comme Oswald !)... sans compter que, pour être à l’heure, il aurait même sans doute pu faire arrêter le bus ou le taxi encore plus près du lieu de rendez-vous que ne l’était le 500 Beckley Avenue.


Parmi nos sources (sur le web) :

John Armstrong, « Harvey and Lee » (site).
Tom Wallace Lyons, « The ruddy link between the Tippit murder and the Texas Theater » (fichier PDF).


Dernière édition par Triri le Sam 31 Déc - 10:51, édité 38 fois (Raison : Rectifications.)

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par JFKMJWH le Dim 9 Fév - 18:35

Très bien détaillé

JFKMJWH

Messages : 66
Date d'inscription : 03/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par LoneSniper le Ven 14 Fév - 0:41

Une bonne conspiration ne nécessite pas de nombreux snipers, un seul suffit, et un seul tir est nécessaire pour tirer la victime à la tête! La devise du sniper, c'est un tir, un mort.

LoneSniper

Messages : 10
Date d'inscription : 14/02/2014
Localisation : Amérique du nord

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par jamesdavisadams le Lun 3 Mar - 17:34

Waouh on a apprend s'est cool Smile

jamesdavisadams

Messages : 3
Date d'inscription : 03/03/2014

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par karriguel le Dim 9 Mar - 19:06

Ben non....désolé de péter l'ambiance mais on n'apprend rien du tout dans ce super long post, j'ai du l'imprimer pour pouvoir l'étudier a loisir
Je tire mon chapeau pour le travail réalisé mais je ne suis d'accord sur rien
Il n'y a que des suppositions, des " il parait que...,il semble que...,peut-être que....,etc................."
C'est quoi cette " hypothése " d'un faux-vrai sosie de LHO, tellement sosie qu'il n' aurait qu'une très vague ressemblance, et encore...vu de très très loin ???
C'est un méli-mélo d'invraisemblance  et d'a peu-prés.....
Que vous soyez conspi OK, ....mais n'allez pas inventer n'importe quoi, ni même inventer tout court

karriguel

Messages : 124
Date d'inscription : 09/11/2013
Localisation : BREST

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par Triri le Lun 10 Mar - 0:15

Je pense avoir établi tout mon raisonnement sur des sources vérifiables. Et j’espère avoir clairement indiqué quand je passais d’un fait ou d’un témoignage (qui sont des choses établies et que tout le monde peut vérifier) à une hypothèse, et inversement. Il peut arriver que, pour aller plus vite, la formulation d'une hypothèse très probable (quasi-certitude) prolonge immédiatement celle d'un fait ou d'un témoignage, jusqu’à paraître en faire partie. Les sources indiquées à la fin doivent permettre de lever toute ambiguïté. Concernant le sosie d'Oswald, vous semblez n'avoir pas remarqué que j'ai été conduit à faire se concurrencer plusieurs hypothèses. La plus probable - que j'aurais sans doute pu mieux souligner - étant qu'un vrai sosie d'Oswald, absent du TSBD, s'est fait passer (ou a cherché à se faire passer) pour le vrai Oswald entre Murphy Street et Oak Cliff.


Dernière édition par Triri le Mer 12 Mar - 19:15, édité 1 fois

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par karriguel le Lun 10 Mar - 20:40

Oui mais voilà.... ce ne sont plus des hypothèses mais des suppositions, des supputations, voir des ...manipulations, non vraiment.....vous ne me ferez pas prendre ce train-là, celui de l'illusion et de la manipulation

karriguel

Messages : 124
Date d'inscription : 09/11/2013
Localisation : BREST

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par Triri le Mer 12 Mar - 19:48

Moi non plus, je n'aime ni l'illusion, ni la manipulation. Surtout après coup, car, sur le coup, leur propre est que vous ne les remarquez pas ! Contre elles, il convient de prendre des précautions très en amont, car elles font de vous une victime, à votre insu. Alors n'hésitez pas à relire les sources, sans opinion préconçue, et à vous demander pourquoi certains éléments sont rarement mentionnés dans les différentes versions en vogue et pourquoi des synthèses ou reconstitutions cherchant à prendre en compte le maximum d'éléments voient rarement le jour.

Je n'impose pas au lecteur mon point de vue, puisque, si vous m'avez bien lu, vous aurez remarqué que, le plus souvent, je ne fais que déboucher sur des probabilités.

"Supposition" est synonyme d'"hypothèse", ça en est même la traduction latine.

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Portes de service

Message par Veilleur le Lun 9 Juin - 9:07

Une question concernant la porte de service arrière : vous écrivez d'abord "les tireurs ont fui, par l'ascenseur ouest, jusqu'au sous-sol... en emportant avec eux le second fusil" ce qui laisse entendre qu'ils ont accédé à l'extérieur en passant par le sous-sol et donc qu'il y aurait une porte de service reliant le sous-sol à l'extérieur. Or un peu plus loin vous écrivez aussi "Au terme de la marche, Oswald avait fini par entrer, le premier, dans le TSBD, par la porte arrière donnant sur le rez-ce-chaussée".
Alors ? Erreur ou présence de 2 portes de service sur l'arrière du bâtiment ?
C'est une question que je me suis souvent posée et dont quasiment aucun document que j'ai lu ne traite. Elle est pourtant loin d'être anodine. Si Oswald n'était pas "seul" au TSBD comme beaucoup  le croient, la question du nombre et de la localisation des portes de service "d'évacuation d'urgence" devient primordiale.
Merci si vous pouvez éclairer ma lanterne.

Veilleur

Messages : 1
Date d'inscription : 09/06/2014

Revenir en haut Aller en bas

Réponse à "Portes de service".

Message par Triri le Lun 9 Juin - 15:05

Il y avait une porte donnant accès au rez-de-chaussée, depuis l’arrière du bâtiment. On y accédait, après être entré, par un escalier, dans le bâtiment des docks qui prolongeait le TSBD, et après avoir traversé, sur une courte distance, ce bâtiment annexe (cf. « Four days in november », 28ème minute). Oswald pourrait certes avoir caché l'arme dans cette annexe ; d'ailleurs, les poubelles où je lui fais la cacher s’y trouvaient (cf. Howard Roffman, « Presumed Guilty », part. III, ch. 6 – lisible en ligne). Dougherty était assis sur la table d'emballage (wrapping table), située dans la partie ouest de la grande salle du rez-de-chaussée, lorsque Oswald y fit son entrée. C'est ce qu'il a déclaré devant la commission Warren.

A noter que c’est cette même porte arrière qu’empruntèrent Victoria Adams et Sandra Styles, pour sortir du bâtiment, dans les deux minutes après qu’elles eurent été témoins des coups de feu, depuis leur fenêtre du troisième étage.

Vous trouverez facilement le plan du rez-de-chaussée (Warren commission exhibit n° 1061) dans la rubrique « images » d’un moteur de recherche, en tapant, par exemple, « TSBD Dallas First Floor ».


Ajout, au 12/10/2014 :

En relisant votre message, j’ai remarqué que je n’y avais répondu que partiellement. J’y avais répondu intégralement, mais en me contentant d’aller corriger mon propos ; ce pour quoi je vous remercie, d’ailleurs. Contrairement à ce que j’avais d’abord cru, il n’existait pas de porte donnant directement accès au sous-sol depuis l’extérieur (cf. « diagram of basement », in FBI booklet, Warren commission document 496). Si les tireurs ont utilisé le sous-sol comme base de départ ou de repli, ils n’ont pas pu éviter de passer par le rez-de-chaussée. La porte d’entrée arrière du bâtiment se trouvait non loin des ascenseurs, et j’ai lu, dans divers travaux de recherche, qu’elle n’avait pas été bouclée par la police, au moins dans le premier quart d’heure après l’attentat. Au minimum, on peut estimer qu’un troisième homme (hormis Oswald) pourrait s’être positionné en appui, au sous-sol.


Dernière édition par Triri le Dim 11 Jan - 14:34, édité 12 fois (Raison : Correction.)

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

MESSAGE INITIAL 2ème partie

Message par Triri le Jeu 12 Juin - 20:16

DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF - 2ème partie.


L’un des tireurs pourrait avoir été un sosie d’Oswald (au moins un sosie approximatif, pouvant faire illusion, à une certaine distance, et permettant de ne pas trop éveiller les soupçons d’Oswald lui-même, à moins qu’il n’ait réussi à s’introduire dans le TSBD, à l’insu de celui-ci), ce qui expliquerait le témoignage du shérif-adjoint Roger Craig parlant d’un Oswald courant, du haut du Grassy Knoll, depuis l’arrière du TSBD, vers un véhicule break de marque Rambler de couleur pâle venant de Houston Street et s’arrêtant dans Elm Street, pour le prendre à son bord, dans le quart d’heure suivant l’assassinat (témoignage confirmé par ceux, quoique tardifs, de Mrs Helen Forrest et James Pennington, de même que par ceux de Marvin Robinson et Roy Cooper, ces deux derniers n’ayant néanmoins pas pu identifier l’homme montant dans le véhicule, mais sans, pour autant, en avoir fait une description incompatible avec Oswald, tous les quatre, au demeurant, ayant vu un homme portant un tee-shirt blanc, alors que, de son côté, dans sa déposition devant la commission Warren – dont il n’est pas inintéressant de savoir que, malgré sa demande, il ne l’effectuera pas sous serment, et qu’il accusera ses interrogateurs de l’avoir modifié, en temps réel, en quatorze endroits, à l’occasion d’« une question importante (...) comme une description de vêtement ou un élément de temps », en lui faisant reprendre ses réponses ou en annulant des questions pour leur en substituer d’autres, afin d’obtenir des réponses satisfaisantes – cf. Barry Ernest, « The girl on the stairs », p. 95 ou 151, selon l’édition – Craig croit pouvoir se souvenir d’une chemise marron clair – à la rigueur, la chemise pourrait avoir été entièrement déboutonnée et pendante et, volant sous l’effet de la course, avoir été comme éclipsée par le tee-shirt blanc – du reste, c’est un fait que Mrs Earlene Roberts le verra arriver chez lui, vers 13 h. – « around 1 o’clock, or maybe a little after » – en chemise, mais dont elle ne se souviendra finalement ni de la taille des manches, ni de la couleur, bien que, lors d’un interrogatoire du FBI, le 28 novembre 1963, elle avait mentionné une « chemise de couleur claire, soit à manches courtes, soit aux manches relevées » ; et surtout témoignage confirmé par Oswald lui-même, dont Craig rapporte que, en fin d’après-midi du 22, il avoua au capitaine Fritz et à lui-même avoir pris le Rambler, pour quitter Dealey Plaza – ce qu’il sera censé ignorer, le lendemain, en affirmant avoir pris le bus – voir infra – puis vraisemblablement repris, quoique au conditionnel, par le chef de la police de Dallas, Jesse Curry, le 23 : en réponse à un journaliste qui lui demande comment Oswald a pu se rendre de l’autre côté de la ville, il répond : « Je ne sais pas. Nous avons entendu dire qu’il a été pris en voiture par un Noir », mésinterprétant, au passage, l’expression « dark complected man » – homme au teint sombre – utilisée par Craig pour décrire le chauffeur au type hispanique, quoique Craig ait aussi affirmé que sa première impression avait été que l’homme était noir – cf. WCHE, exhibit n° 2146, vol. XXIV, p. 765). Pourtant, il peut sembler bien établi qu’Oswald ait emprunté un bus puis un taxi pour se rendre à son domicile, entre 12 h. 35 et 13 h., malgré les quelques anomalies que ne manque pas de recéler la reconstitution de ce déplacement : montée à bord d’un bus n’allant pas dans la bonne direction – Marsalis Avenue, au lieu de Beckley Avenue – à savoir empruntant une ligne passant par Dealey Plaza (où, qui plus est, il était risqué de revenir), au lieu de tourner sur Houston Street, puis, en guise de rattrapage, montée à bord d’un taxi dont le carnet de bord indique que le client est monté à 12 h. 30 et est descendu à 12 h. 45, et, enfin, temps du trajet du taxi plutôt court, relativement à la distance (de huit à neuf minutes, selon le chauffeur, qui, par ailleurs, avoue qu’il notait ses temps, sur son carnet de bord, de manière assez approximative – soit d’environ 12 h. 47 – heure d’arrivée à la station de bus située à l’intersection de Lamar Street et de Jackson Street, où se trouvait le taxi, pour un piéton parti de l’intersection d’Elm Street et de Lamar Street à 12 h. 44, comme l’atteste le ticket de correspondance censé avoir été retrouvé sur Oswald – à environ 12 h. 56, pour un trajet urbain d’environ 3,5 kilomètres), malgré que le chauffeur ait indiqué avoir trouvé la voie très dégagée, sur sa plus grande partie. Que l’un des tireurs pourrait avoir été un sosie d’Oswald expliquerait encore le témoignage (quoique douteux) de Howard Brennan affirmant avoir vu Oswald à la fenêtre de l’angle sud-est (le fameux « nid du tireur »), depuis le trottoir sud d’Elm Street.

Ce faux Oswald pourrait avoir été l’homme s’adressant ensuite à l’agent de police Jefferson Davis Tippit, par la vitre du passager avant de son véhicule de patrouille, dans le quartier d’Oak Cliff, quelques secondes avant de le tuer, entre 13 h. 10 et 13 h. 15, alors que Tippit aurait eu, à peu près à cette heure-là et à cet endroit-là, rendez-vous avec le vrai Oswald, auquel on aurait préalablement fait croire que le policier avait pour mission de l’aider dans sa fuite (Sur la quinzaine de témoins, au moins, censés avoir vu le meurtrier, deux seulement l’ont vu commettre son crime, Domingo Benavides et William Scoggins, et six l’identifièrent comme ayant été Oswald, dont Scoggins et Benavides, ce dernier, qui fut le témoin le plus près de lui, au moment des tirs, daignant, néanmoins, tout au plus, admettre qu’il ressemblait à Oswald) (Notons que cette rencontre entre Tippit et son tueur pourrait avoir eu lieu, avant 13 h. 10 – Roger Craig affirmant que, au 5ème étage du TSBD, au moment même où le shérif-adjoint Eugene Boone venait de découvrir le fusil, quelqu’un annonça le meurtre de Tippit, et qu’il regarda alors instinctivement sa montre qui lui indiquait 13 h. 06... alors que l’heure officielle de la découverte du fusil sera finalement fixée à 13 h. 22... En 1967, lors d’une interview, il feindra très probablement de se tromper, en déclarant que le meurtre de Tippit avait eu lieu à 13 h. 40 : 13 h. 40, est-ce se tromper sciemment dans un sens, après que d’autres eurent prétendu qu’il l’avait fait dans l’autre ? auquel cas, il pourrait falloir non pas ajouter 18 minutes à 13 h. 22 mais les retrancher, ce qui donnerait l’heure exacte de la mort de Tippit ou, du moins, celle qu’aurait estimé être Craig : 13 h. 04). Cette hypothèse du faux Oswald s’adressant à Tippit est d’autant plus vraisemblable que plusieurs témoins ont vu Tippit, seul, au volant de son véhicule à l’arrêt dans une station service, à la sortie du viaduc de Houston Street, entre 12 h. 45 et 13 h., en train de surveiller l’entrée de North Zang Boulevard, comme s’il guettait un véhicule entrant dans Oak Cliff, direction qu’il finira par prendre subitement, en quittant le boulevard vers Lancaster Avenue et East 8th. Street – non loin de l’intersection desquelles, il annoncera se trouver, lors d’un contact radio, à 12 h. 54 – le véhicule guetté ayant donc pu être le fameux break Rambler remarqué par Craig. Bien que le taxi transportant Oswald à son domicile (voir infra) soit passé par le viaduc, il s’agissait d’un véhicule qu’Oswald était censé avoir pris, à l’improviste, après s’être trompé de bus et s’être retrouvé pris dans l’embouteillage de Dealey Plaza, et donc sans que Tippit ait pu en être averti, auquel cas, il fallait à ce dernier non pas reconnaître le véhicule, mais son passager !... lequel, certes, pourrait lui avoir fait un signe de la main, en passant ; quoique, au demeurant, on ne comprenne pas bien pourquoi Tippit aurait dû guetter quelqu’un, bien en amont de l’endroit où, de toutes façons, il avait rendez-vous avec lui, peu de temps après... à moins qu’il n’ait eu momentanément un rôle d’identification, de vérification, et ensuite de transmission, par le téléphone de la station service, d’éventuelles informations concernant des anomalies observées (ce qui n’aurait finalement pas été le cas, puisqu’il ne semble pas être sorti de son véhicule, avant de repartir).

Après que sa ressemblance avec Oswald ait incité Tippit à arrêter son véhicule dans sa ligne, juste après avoir franchi l’intersection de East 10th. Street et Patton Avenue (il connaissait Oswald, au moins pour fréquenter régulièrement le même restaurant que lui), le faux Oswald pourrait s’être présenté à lui, en usant d’un stratagème, visant notamment à le faire sortir de sa voiture, par exemple en lui déclarant : « Oswald ne viendra pas, je suis chargé de vous en informer », ce qui expliquerait la façon posée, si ce n’est apaisée (voir infra), avec laquelle Tippit sort de son véhicule pour aller à sa rencontre ; ce qu’il fait probablement dans l’intention d’en savoir plus notamment et d’abord sur l’identité de celui qui est venu à lui et dont il a finalement bien vu qu’il n’était pas Oswald, et dont, par ailleurs, il ne peut aussi négliger de se méfier (à vrai dire, il ne peut que lui rester des raisons de s’inquiéter, au cas où l’homme viendrait lui annoncer qu’Oswald vient d’être arrêté, sans compter qu’il pourrait même s’agir d’un stratagème utilisé par des enquêteurs auxquels Oswald aurait déjà parlé, stratagème visant à le confondre – première hypothèse néanmoins peu probable, dans la mesure où elle signifierait qu’un messager à pied ait pu être plus rapide que la radio). Par la suite, ce relevé d’identité pourra toujours lui servir de repère pour lui-même ou d’élément à faire valoir à ses « supérieurs ». Quelques minutes avant de faire cette funeste rencontre, soit entre 13 h. et 13 h. 05 (à 13 h. 03, un appel radio à son véhicule reste sans réponse, semblant indiquer qu’il n’est pas dans son véhicule), Tippit avait téléphoné depuis le magasin d’un marchand de disques, dont il était un habitué – et comme client, et comme sollicitant occasionnellement l’usage du téléphone – le « Top Ten Record », situé au 338 West Jefferson Boulevard, après y être entré précipitamment et avant d’en ressortir tout aussi précipitamment et, vraisemblablement, sans avoir obtenu son correspondant (à moins qu’il n’ait usé d’un code consistant à se taire pour être identifié, avant de ne faire que recevoir des consignes). Avait-il cherché à contacter Oswald, à s’assurer qu’il était bien sur la voie de se rendre au rendez-vous prévu entre eux (ce qui pourrait indiquer qu’Oswald avait du retard) ? Auquel cas, il pourrait avoir téléphoné, alors que la logeuse d’Oswald, Mrs Earlene Roberts, était elle-même occupée au téléphone, au moment précis où Oswald faisait son entrée à son domicile (comme la patronne de Mrs Roberts, Mrs Gladys J. Johnson, soutient en avoir reçu la confidence de son employée, et comme Mrs Roberts elle-même l’a déclaré, devant le FBI, le 29 novembre 1963) (Précisons qu’il n’y a pas de téléphone individuel pour les locataires, ces derniers n’étant joignables qu’au moyen de celui de la propriétaire ou, plus exactement, de sa représentante).  

Mais, à vrai dire, peut-on inverser les rôles ? Le sosie, peu au fait du système de circulation des bus de Dallas, se trompe de bus, puis prend un taxi, qu’il fera ensuite arrêter bien au-delà du domicile d’Oswald, à 12 h. 56 (à environ 500 mètres, selon une première déclaration du chauffeur, devant la commission Warren, avant que ce ne soit environ 300 mètres, selon une deuxième déclaration, un mois plus tard – décalage qu’il justifiera en parlant d’un simple malentendu, le premier interrogatoire s’étant déroulé dans de mauvaises conditions – notamment le brouhaha causé par des journalistes – la vérité étant, selon lui, que le client avait fait arrêté le véhicule avant qu’il n’ait atteint la destination initialement demandée ; ce dont on peut fortement douter, étant donné que, dans sa première déclaration, devant la police de Dallas, le 23 novembre, il avait clairement précisé avoir déposé son client, au n° 500 et non au n° 700, et que sur son carnet de bord se trouve être inscrit un dépôt effectué au n° 500 – inscription qui, qui plus est, de son propre aveu, fut faite après le transport), pour éviter d’être remarqué par les habitants et les voisins de la maison de Mrs Roberts, et notamment par Oswald lui-même, qui peut s’y trouver déjà (et attend peut-être, pour ressortir, le fameux double coup de klaxon, qui, selon Mrs Roberts, finira par être donné devant son domicile par une voiture de police à bord de laquelle se trouvent deux agents, et qui n’est sans doute pas celle de Tippit), puis il se dirige, à pied, vers le sud d’Oak Cliff – direction que, dans sa première déclaration, faite à la police de Dallas, le 23 novembre, affirme lui avoir vu prendre Whaley, avant de déclarer, plusieurs mois plus tard, à la commission Warren, qu’il n’avait pas pu observer s’il était parti vers le nord ou vers le sud, la première direction se trouvant être celle du domicile d’Oswald. Toutes choses qui laissent néanmoins irrésolue la question du carnet de bord du taxi : étant donné que, au moins ce jour-là, le chauffeur notait l’heure de montée de ses clients, en n’utilisant que les chiffres ronds des dizaines ou des quinzaines, n’aurait-il pas dû noter, pour ce qui est du départ, 12 h. 40, au lieu de 12 h. 30, la station de bus où il attendait se trouvant à environ cinq cents mètres du TSBD, d’où le client n’avait pas pu partir avant 12 h. 33, et, par ailleurs, pour ce qui est de l’arrivée, noter 12 h. 50 ou 13 h., au lieu de 12 h. 45 ? Pour autant, cette question est sans doute moins proche d’être irrésolue, si on admet que l’épisode du bus a été inventé, dans le but d’accréditer qu’Oswald était bien rentré chez lui, seul, par ses propres moyens, et en état de panique (raison pour laquelle il n’aurait pas pris le bon bus)... En effet, un seul témoin affirmera, jusqu’au bout, avoir vu Oswald dans le bus... une certaine Mary Bledsoe, qui l’avait logé, pendant une semaine, un mois et demi auparavant, et le détestait... et qui, finalement, elle-même, ne sera assurément identifiée comme ayant été présente dans le bus par aucun de ses occupants ! Oswald pourrait donc avoir gagné son domicile, à bord du Rambler ; en être ressorti, vers 13 heures, sous le coup d’un signal convenu, pour se rendre à un rendez-vous dont l’horaire, pour ne pas dire le rendez-vous lui-même, était fictif, et tomber dans le guet-apens de son arrestation (qui aurait dû être celui de son élimination, comme nous le verrons). Au demeurant, lorsque, ayant constaté le retard d’Oswald, Tippit téléphone du Top Ten Record, il pourrait avoir cherché à contacter – obéissant en cela à des consignes – non pas Oswald, mais un « supérieur », qu’il pourrait avoir obtenu et qui lui aurait alors indiqué que l’horaire, voire aussi le lieu, était changé et qu’il devait, en quelque sorte, se rendre à un nouveau rendez-vous, en suivant de nouvelles coordonnées... qui, en fait, auraient été celles-là mêmes du tueur qui l’attendait (le retard d’Oswald ayant donc été planifié) ; hypothèse cependant moins probable que celle d’une pure et simple désinformation préalable de Tippit concernant la nature du rendez-vous, quoique pas concernant son heure et son lieu, à moins qu’on eût cherché à le maintenir dans l’ignorance de l’horaire et du lieu, jusqu’au dernier moment, pour écarter tout risque de fuite pouvant avoir des effets contrariant le rendez-vous lui-même (Par exemple, si Oswald n’avait pas rendez-vous à l’endroit exact où devait être commis le meurtre – ce qui ne l’aurait pas empêché de pouvoir se trouver dans ses parages, dans la perspective qu’on le lui attribue – il valait mieux que Tippit connût le même lieu de rendez-vous que lui, au cas où ils auraient pris contact entre eux, avant les événements et indépendamment de leurs « supérieurs »). En effet, la raison pour laquelle Tippit ne va pas directement prendre les coordonnées du rendez-vous de 13 h. 05, au Top Ten Record (voire à la station service située à la sortie du viaduc), en faisant l’économie du faux rendez-vous de 12 h. 55, pourrait être que lui et Oswald avaient été préalablement informés des mêmes coordonnées (12 h. 55, à l’intersection de Patton Avenue et de 10th Street), dans le but d’être mis en confiance, aussi bien l’un envers l’autre qu’envers leurs « supérieurs », au cas où ils auraient communiqué entre eux, avant l’heure. De son côté, Oswald aurait été informé, in extremis (par exemple, par le chauffeur du Rambler, au moment où il le dépose, à son domicile), du changement des modalités de la rencontre qui devait avoir lieu : attente d’un signal pour se mettre en route (double coup d’avertisseur) et/ou nouvelle heure précise à laquelle se présenter sur les lieux. Laisser l’un et l’autre dans l’ignorance permettait de découpler (séparer) leurs actions et d’éviter toute interférence d’un tiers avec le rendez-vous réel (à savoir celui fatidique), tiers que l’un des deux aurait pu avoir commis la négligence d’informer.

Le lieu initial du rendez-vous pourrait ne pas avoir été le même que le nouveau, aussi afin que le vrai et le faux Oswald ne se croisent pas, ce que permettait encore d’éviter la différence d’horaires (cette différence de lieux n’étant néanmoins pas nécessaire, dans la mesure où la différence d’horaires pouvait suffire, en vertu d’un rigoureux minutage – que peut attester le double coup de klaxon devant le domicile d’Oswald – ayant fait arriver le faux Oswald sur les lieux suffisamment de temps avant le vrai Oswald). Ainsi, le vrai et le faux Oswald ne risquaient pas d’emprunter les mêmes rues, et encore moins au même moment. Quant à l’épisode de l’immobilisation et de l’inspection du véhicule de James A. Andrews (voir infra), s’il est bien authentique (il s’agit d’une confidence faite lors d’une interview puis couchée sur testament, avant de mourir – ce qui n’est pas pour infirmer son authenticité), il aurait eu lieu avant le coup de téléphone donné depuis le magasin de disques, alors que Tippit s’inquiétait de l’absence d’Oswald (aucun témoignage ne permettant d’établir assurément qu’il aurait eu lieu avant ou après : Andrews pense qu’il eut lieu, peu après 13 h., mais, de son côté, Louis Cortinas, un employé du Top Ten Record, pense que le départ de Tippit du magasin n’eut lieu tout au plus que dix minutes avant qu’il n’apprenne, par la radio, qu’il avait été tué).

Au demeurant, il pourrait exister une alternative au dilemme du bus et du taxi ayant untel à bord et du break Rambler ayant untel autre à bord. Le rapport rédigé par le capitaine Will Fritz mentionne que, au cours d’un interrogatoire ayant eu lieu le matin du 23, Oswald a déclaré que, pour se rendre chez lui, il avait pris le bus, puis qu’il avait dû marcher à pied sur une courte distance (cf. Warren Report, Appendix XI, p. 604, ou Warren Commission Hearings and Exhibits, exhibit n° 2003, vol. XXIV, p. 267) (rappelons qu’un ticket de correspondance délivré par un chauffeur de bus, à l’intersection d’Elm Street et de Lamar Street, à 12 h. 44, et censé n’avoir finalement pas été utilisé, est censé avoir été retrouvé sur lui, dans les heures ayant suivi son arrestation – c’est, du moins, ce qui sera affirmé par la police de Dallas et le FBI, le lendemain, et ce qu’Oswald lui-même est censé avoir reconnu, lors du même interrogatoire, quoique sans préciser qu’il ne l’avait pas utilisé, et tout en revenant donc sur sa déclaration de la veille, selon laquelle il avait quitté Dealey Plaza, au moyen du Rambler (cf. supra) – la non utilisation de ce ticket tendant finalement à prouver que, à moins d’avoir utilisé un autre moyen de transport que le bus, il aurait dû parcourir à pied l’intégralité du trajet entre le TSBD et chez lui, soit la distance d’environ 3,5 kms. – cf. WCHE, vol. XXIV, p. 18 et 267). Ce n’est qu’ensuite, pendant le même interrogatoire, alors que Fritz l’interrogeait sur sa présence dans un taxi conduit par William Whaley, qu’Oswald admettra avoir emprunté ce taxi. Le matin même du 23, la police de Dallas venait d’être mise sur la voie de William Whaley et de son témoignage, via un autre chauffeur de taxi de la même compagnie, William Scoggins (celui-là même qui venait d’être, la veille, l’un des témoins du meurtre de Tippit et qui, dans la journée du 23, allait reconnaître le meurtrier en la personne d’Oswald, au cours d’une séance d’identification, à laquelle allait aussi participer Whaley !). Scoggins venait, en effet, d’informer la police que l’un de ses collègues affirmait avoir pris, la veille, un client qu’il avait depuis identifié comme étant Oswald, après avoir vu la photo de celui-ci dans un journal (ce que confirmera Whaley, devant la commission Warren). On peut donc supposer que, fort de cette nouvelle information, qui, malgré les difficultés d’horaires qu’elle impliquait, lui permettait de résoudre le dilemme d’un Oswald ayant pris un bus dans la mauvaise direction et se trouvant donc dans la totale impossibilité d’avoir été chez lui à treize heures, Fritz serait parvenu à obtenir d’Oswald l’aveu qu’il avait pris le taxi de Whaley, après avoir pris le bus, ce qui lui aurait permis d’être chez lui à treize heures. Or, il n’est pas difficile de supposer que, au lieu d’avoir pris le taxi, Oswald pourrait avoir pris le Rambler, à savoir l’un des deux ou trois véhicules qui pourraient s’être trouvés en attente dans les parages du TSBD, dans la demi-heure après 12 h. 30, prêts à prendre à son bord tout membre du complot qui l’estimerait utile. Oswald est censé être descendu du bus à 12 h. 44, à l’intersection d’Elm Street et de Lamar Street, sans doute, à la fois, parce qu’il y avait embouteillage et parce qu’il avait pris le mauvais bus ; lequel aurait néanmoins pu le déposer à l’intersection d’Elm Street et de Houston Street, s’il n’avait pas été pressé par l’heure du rendez-vous d’Oak Cliff. Il aurait donc estimé pouvoir gagner du temps, en finissant de remonter, à pied, Elm Street, jusqu’à Dealey Plaza. Une fois arrivé au Grassy Knoll, il aurait appelé, en sifflant (comme le rapporte Craig), le chauffeur du Rambler, et cela, environ dix minutes après les tirs contre le Président (comme le rapporte encore Craig, qui entrera dans le bâtiment du TSBD, vingt minutes après ces tirs). Par conséquent, le faux Oswald, quant à lui, pourrait s’être dirigé directement, depuis le TSBD, vers le taxi, être monté à son bord et s’être fait déposé sur Beckley Avenue, loin en aval du domicile d’Oswald. A l’appui de cette hypothèse, on se posera cette question : pourquoi Oswald aurait-il avoué, d’emblée, avoir pris le bus, sans avouer qu’il avait aussi pris le taxi, s’il avait bien pris les deux ? Quant à la raison pour laquelle il n’aurait pas pris directement le Rambler, il n’est pas difficile de la supposer : le véhicule ne se serait pas trouvé dans son champ de vision, alors qu’il sortait du TSBD, et il aurait donc préféré aller sans tarder prendre le bus, auquel il était habitué ; ou encore il avait, dès le départ, renoncé à emprunter un véhicule du complot.

Peut-être Tippit était-il censé avoir pour mission – du moins, aux yeux d’Oswald – de permettre et de protéger la fuite de ce dernier (un uniforme de police repassé – que certains pensent n’avoir été que le blouson de service de Tippit – était bien mis en évidence, à l’arrière de son véhicule, peut-être pour mettre en confiance Oswald, au cas où celui-ci aurait été prévenu qu’il en trouverait un à revêtir). Le fait que, le matin même, de façon tout à fait exceptionnelle, Oswald avait laissé son alliance dans une coupe posée sur la commode de la chambre où lui et sa femme venaient de passer la nuit, dans la maison des Paine, à Irving (où Marina Oswald s’était installée pour s’éloigner – ou être tenue éloignée – de son mari et trouver une aide matérielle, en dehors des week-ends), ainsi que 170 dollars, dans un tiroir du meuble – où, selon Marina, il lui arrivait de laisser, en guise d'épargne (ne disposant plus de compte en banque, depuis 1959), une somme qu'elle estime n'avoir jamais excédé cinquante à soixante-dix dollars – pourrait signifier qu’il avait choisi de s’exiler et de se séparer définitivement de sa femme, au demeurant, à un moment où le couple venait de connaître une suite de graves dissensions (la remise de l’alliance et d’une somme d’argent relativement importante pouvant être une manière pudique mais tout aussi tranchée d’exprimer ce choix). D’un autre côté, le 21 au soir, sans mettre sa femme au courant de l’attentat qui allait avoir lieu, Oswald pourrait avoir cherché à la convaincre – outre de se réconcilier avec lui – de le suivre, le lendemain ou les jours suivants, à sa nouvelle résidence, qui lui aurait été promise, en contrepartie de sa participation à l’attentat. Marina aurait été plus que réticente, d’où la dispute et la nuit agitée – surtout pour Lee – qui eurent lieu (On notera que la commission Warren interroge longuement Marina sur le souhait qu’aurait éventuellement exprimé récemment son mari de trouver une nouvelle habitation pour le couple, et qu’elle y répond positivement, en parlant d’un projet de déménagement à Dallas, et en affirmant qu’elle n’avait pas été d’accord, réponse qui pourrait avoir visé à masquer un projet de déménagement à l’étranger). Afin de s’isoler de son mari, elle prendra un bain, pendant une heure, et se mettra au lit, longtemps après lui (la dispute pourrait aussi avoir été la continuation de celle violente commencée au téléphone, dans la semaine, après que Marina eût appris que Mrs Paine n’avait pas réussi à le joindre, par téléphone, chez Mrs Roberts, en tout début de semaine, pour la raison qu’il logeait chez elle, sous le pseudonyme O. H. Lee – ce dont personne n’était au courant – déconvenue qui fut à ce point mal vécue par Marina qu’elle la poussa à lui déclarer, de façon très résolue, qu’elle ne souhaitait plus le revoir). Le matin du 22, Oswald aurait renoncé à se lancer dans une nouvelle tentative de la convaincre, mais aurait pensé lui laisser une chance et les moyens de se décider, en lui laissant son alliance et une somme d’argent – ce qui pourrait avoir été une façon de lui dire : « Si tu tiens encore à moi, apporte-moi cette alliance à l’endroit que je t’ai dit, je te laisse pour cela l’argent nécessaire au voyage ».

Par contre, il est peu probable que le Texas Theatre était le lieu du rendez-vous entre Tippit et Oswald. Alors que ce dernier se rend à pied à ce rendez-vous, c’est après avoir constaté, probablement de loin (peut-être – si l’on admet qu’il soit arrivé par Crawford Street – depuis l’intersection de cette rue avec East 10th. Street, soit à une distance d’environ 150 mètres de l’endroit où a eu lieu le meurtre de Tippit), que le policier venait d’être abattu (son corps était allongé devant l’angle avant gauche de sa voiture stationnée à droite, autrement dit bien dans le champ de vision d’un piéton se présentant à l’une des intersections de la rue, ce même piéton ayant pu aussi avoir entendu les coups de feu), qu’il commence à soupçonner le piège dans lequel on l’a mis. Une association d’idées et d’images s’opère en lui : le tireur sosie du TSBD, son arme présente au 5ème étage et enfin celui avec qui il avait rendez-vous, abattu dans la rue (à quoi on pourra ajouter le port de son blouson gris clair, et de quoi l’on pourra retrancher l’existence d’un tireur sosie au TSBD – voir infra, notre message de conclusion). La panique le gagne : l’image d’une voiture de police en patrouille ou en alerte se rapprochant de lui commence à le hanter. Cette image finit par s’incarner ; il cherche alors refuge dans le magasin d’un marchand de chaussures, puis dans le Texas Theatre, où il est finalement arrêté.

Tippit pourrait avoir eu pour mission véritable d’éliminer Oswald. Ce dernier aurait eu du retard au rendez-vous, raison pour laquelle Tippit cherche à le joindre, depuis le magasin de disques (Si l’on admet qu’Oswald était bien le client du taxi, pour se rendre à son domicile, au 1026 North Beckley Avenue, vers 13 h., il s’était fait déposer par le taxi, au n° 500, à plusieurs centaines de mètres de son domicile, qui plus est, après l’avoir dépassé, dans la direction du sud d’Oak Cliff, le lieu probable du rendez-vous, comme s’il avait d’abord prévu de s’arrêter chez lui, puis y avait renoncé, jugeant n’avoir pas assez de temps, avant finalement de se raviser, s’étant persuadé qu’il était trop imprudent de garder sur lui les vêtements qu’il portait au TSBD (devant successivement le capitaine Fritz, l’agent du FBI James Bookhout et l’agent du Secret Service Thomas Kelley, il affirmera avoir changé de chemise et de pantalon, car ils étaient sales) et/ou de n’être pas armé – ou encore – mais au cas où il n’aurait pas eu de retard... ni d’horaire fixé à l’avance – qu’il était trop imprudent de ne pas attendre le signal convenu du double coup de klaxon ; autant d’hypothèses néanmoins gênées par deux éléments : le chauffeur du taxi, William Whaley, déclarera, à la police de Dallas, d’une part, que son client était calme et peu pressé – alors que, de son côté, Mrs Roberts affirmera avoir vu arriver à son domicile un Oswald « assurément très pressé » (Rapport du FBI du 22 novembre 1963) « marchant avec une rapidité exceptionnelle » (Commission Warren) – quoiqu’on ne doive pas négliger les effets du tempérament introverti d’Oswald, qui pourraient, d’ailleurs, en avoir trompé d’autres, en d’autres occasions (à la rigueur, Oswald pourrait s’être énervé, une fois descendu du taxi, pour une raison que nous ignorons) – et, d’autre part, que, une fois déposé, il marcha vers le sud, c’est-à-dire dans la direction opposée à celle de son domicile – quoique, plus exactement : il traversa la rue en diagonale vers le sud, l’observation n’ayant pas pu se prolonger, parce que le taxi, qui n’était pas stationné, devait repartir ; on peut néanmoins le soupçonner d’avoir cherché à gagner l’angle de East 8th. Street, pour ensuite gagner Patton Avenue ou Crawford Street). N’obtenant pas de communication au téléphone, Tippit soupçonne toujours plus qu’Oswald se méfie, se défile, ou encore qu’il a été arrêté, en un mot, qu’il lui échappe ; ce qui peut n’être pas sans graves conséquences pour lui : soit parce qu’il a bien compris que ces « supérieurs » sont tout à fait prêts à l’en punir et surtout à s’assurer de son silence définitif, alors même que n’ayant pas pu remplir le contrat, il devient d’autant plus quelqu’un susceptible de se confier ; soit parce qu’il soupçonne qu’Oswald est déjà arrêté et qu’il se met à parler du complot et, au passage, du rôle qu’y tient un certain Tippit. Raison pour laquelle il panique. Il fonce, au volant de son véhicule, entre Bishop Street et East 10th. Street, en forçant, au passage, d’une queue de poisson, sur West 10th. Street, un automobiliste, James A. Andrews, à immobiliser son véhicule, afin d’en inspecter l’arrière, où il peut avoir pensé qu’Oswald, l’ayant aperçu, vient de se plaquer contre la banquette ; puis, sans lui avoir adressé la parole, il se remet en route et roule soudain au ralenti, dans East 10th. Street, notamment près de l’intersection de Patton Avenue, l’endroit où il soupçonne avoir reconnu la silhouette d’Oswald, en celle d’un piéton, ou encore où un piéton pouvant ressembler à Oswald vient de lui faire signe de la main (Notons qu’Andrews était un représentant d’une maison d’assurance dont l’enseigne pouvait figurer sur le véhicule et dont un certain Roscoe White était encore employé, quelques mois auparavant, avant de devenir policier de Dallas, tout en continuant d’entretenir des liens d’amitié avec un certain Jacob Leon Rubenstein – alias Jack Ruby – bien connu, par ailleurs, pour ses multiples implications dans les événements du 22 novembre et des jours suivants, la moindre n’étant sans doute pas l’assassinat d’Oswald, le 24 ; Ruby qui logeait sur Lancaster Avenue, non loin de East 10th. Street, et qui, tout comme White, connaissait très bien Tippit ; la voiture d’Andrews aurait donc pu être soupçonnée par Tippit d’être une doublure et de le mettre dans une mauvaise posture, en lui faisant notamment soupçonner qu’il se trouvait engagé dans une histoire dont il ne connaissait pas tous les ressorts).

Au demeurant, il est évident que la raison pour laquelle les comploteurs éliminent Tippit (soit par la main d’Oswald, soit par la main d’un sosie de ce dernier) est double : ce meurtre d’un policier justifie qu’une chasse à l’homme impitoyable soit ouverte contre Oswald, dès lors quasiment abattable sans sommation (le fait que son arrestation ait finalement dû avoir lieu dans une salle de cinéma, un lieu public fréquenté et où la possibilité de se dissimuler et d’esquiver des coups de feu est loin d’être négligeable, a pu gêner l’exécution de ce plan – à noter que, une fois entré dans la salle, sans doute au gré de son habituation à la pénombre lui permettant de distinguer progressivement les endroits où est assis le public, il change plusieurs fois de place, en s’asseyant, à chaque fois, à côté d’autres personnes, comme s’il cherchait à éviter de constituer une cible isolée et donc facile ; qui plus est, jusqu’au moment où un policier s’approche de lui, dans une travée, pour procéder au contrôle de son identité, Oswald garde parfaitement son calme, ce qui rend injustifiable que l’on tire sur lui, notamment sous le regard de témoins – notons que ce contrôle d’identité n’aura finalement pas lieu dans le Texas Theatre, puisque le portefeuille d’Oswald, contenant des papiers à son nom, ne sera extrait d’une poche arrière de son pantalon que dans la voiture de police le conduisant dans les locaux de cette dernière) ; et il permet de supprimer un membre secondaire du complot (n’appartenant pas au milieu et, à ce titre, peu sûr), secondaire, mais, pour autant, sans doute bien informé de certains éléments décisifs. Enfin, notons que si Oswald avait été à l’heure au rendez-vous et avait donc été éliminé par Tippit, l’élimination de ce dernier aurait pu avoir été prévue pour plus tard. Du reste – hypothèse inverse d’une autre que nous avancions – peut-être Oswald avait-il été informé, au gré d’un stratagème, d’un changement d’horaire, sans que Tippit le soit, auquel cas, les deux hommes ne pouvaient que s’éviter ; ce qui, au passage, permettrait d’expliquer le calme d’Oswald dans le taxi de Whaley, le dépassement de son domicile, quant à lui, pouvant alors s’expliquer, comme on l’admet d’habitude, par le fait qu’il tenait à s’assurer que son lieu d’habitation n’était pas cerné par des effectifs de police ou par d’autres individus suspects. Enfin, notons que Tippit pourrait avoir été convaincu de ne pas avoir pour mission d’éliminer – ou de favoriser l’élimination – d’Oswald, mais bien de l’aider, au gré d’un stratagème dans lequel la discordance entre les horaires de rendez-vous fournis à chacun de ses protagonistes se serait, là encore, inscrite en vue de l’élimination rapprochée (quasi simultanée) des deux individus concernés. Et, pour être exhaustif, notons enfin, en une ultime hypothèse, que Tippit pourrait avoir eu la mission d’éliminer Oswald, aurait fait semblant d’accepter, alors même qu’il s’y refusait, et, à la suite, aurait déployé toute son énergie pour rencontrer Oswald, dans le but de le protéger, dans les circonstances du rendez-vous prévu, alors même que celui-ci semblait échouer à avoir lieu (probablement à cause du retard d’Oswald, les deux coups de klaxon du véhicule de police devant son domicile n’ayant alors rien eu à voir avec ce rendez-vous, ni peut-être même avec Oswald). Auquel cas, il pourrait avoir préalablement prévu de fuir la ville et sans doute le pays, avec lui.



Principales sources (pour la plupart, lisibles en ligne) :

« Warren Commission Report ; Warren Commission Hearings and Exhibits ».
Roger Dean Craig, « When they killed a president ».
Barry Ernest, « The girl on the stairs » (lu des extraits et des recensions).
« JFK – l’assassinat, les questions » (site).
« 22 november 1963, an introduction to the JFK assassination » (site).
« John Fitzgerald Kennedy assassination – copweb » (site).
« JFK assassination : The lone gunman myth » (blog).
« Oswald and cab 36 », the education forum – JFK assassination debate.
Ira David Wood III, « The Kennedy Assassination chronology » (2 fichiers PDF).
« JFK, les preuves du complot », documentaire de Robert J. Gordon.
« Kennedy, le film vérité », documentaire de la National Geographic Channel.



Addendum concernant Jack Dougherty :

Lorsque Dougherty dit avoir entendu une détonation avant d’avoir déjeuné, il est sous le coup du réflexe consistant à situer la détonation au moment à propos duquel il peut avouer qu’il a vu plusieurs personnes au cinquième étage ; car pour lui, c’est un fait (qu’il ne peut pas avouer, mais qu’il ne peut pas non plus contredire) : la détonation entendue est liée à la présence de plusieurs individus à cet étage. A la suite, il peut avouer sans problème qu’il est remonté au cinquième étage, au moment de reprendre son travail, après 12 h. 40, soit après avoir déjeuné... et après l’attentat. Ce qu’il est ainsi censé insinuer, autrement dit faire semblant de concéder, c’est que lorsqu’il est remonté au cinquième étage, après avoir déjeuné, il n’y avait personne. Tout semble indiquer qu’il fait un blocage, dont le nœud est le suivant : il y avait plusieurs individus au cinquième étage, lorsque eut lieu la détonation et que lui se trouvait au quatrième étage.

A propos de cette détonation unique et très forte qu’il compare à une explosion de gaz d’échappement de voiture, on peut avancer l’hypothèse suivante : au moment de l’entendre, il affirme s’être trouvé à environ trois mètres de l’ascenseur, cet endroit ayant donc pu se trouver au point de rencontre de trois trajectoires acoustiques parties pour l’une, du Dal-Tex, pour une autre, de la fenêtre sud-ouest du 5ème étage du TSBD (l’onde ayant pu suivre le couloir aménagé par le déplacement des caisses de livres du côté ouest de l’étage vers le côté est, déplacement qu’avait effectué, dans la matinée, l’équipe de Lovelady attelée à la réfection du plancher, le long du mur ouest, et ayant pu finir par « tomber » dans la cage d’escalier toute proche), et pour une autre, enfin, de la palissade en bois couronnant le Grassy Knoll, sur lequel donnait une fenêtre située tout près de la cage d’escalier. Ceci viendrait appuyer la thèse avancée par certains de l’existence de deux ou trois – en l’occurrence trois – tirs simultanés, dont au moins deux auraient atteint, en même temps, la tête de Kennedy (l’un par l’arrière, l’autre par l’avant – comme peut en témoigner le film de Zapruder – alors que le tir effectué depuis la fenêtre sud-ouest du TSBD aurait échoué et pu toucher Connally, une deuxième fois... la raison de cet échec aurait-elle pu être l’irruption inopinée de Dougherty, deux ou trois minutes plus tôt, juste dans le couloir mentionné plus haut, au bout duquel se trouvait la fenêtre – ou à un autre endroit – cette irruption ayant pu déconcentrer le tireur, sans pour autant le dissuader, au cas où il aurait été certain que Dougherty n’avait pas vu son arme, ou encore au cas où il aurait réussi à le tromper, en lui présentant une fausse carte d'agent du Secret Service ?), cette simultanéité de tirs ayant pu être savamment mise au point, pour donner l’impression sonore d’un unique tir et pour neutraliser l’effet visuel d’un tir effectué par l’avant. Un unique tir effectué par un unique tireur, situé à l’arrière de la Lincoln (Rappelons que certains témoins, situés depuis Houston Street jusqu’au Triple Underpass, ont entendu 4 détonations, lesquelles incluraient donc les 3 du Mannlicher-Carcano ; lequel fusil, au demeurant, a été retrouvé réarmé sur la dernière des quatre cartouches que contenait initialement le chargeur – contenance qu’attestent les trois cartouches vides retrouvées au sol – ce qui pourrait signifier que le tireur s’est trouvé en retard sur les trois autres tireurs qu’il devait initialement accompagner, ne serait-ce que pour qu’une quatrième cartouche vide au sol vienne masquer leurs tirs, et qu’il a préféré ne pas ajouter une cinquième détonation, d’autant plus que la cible avait été, de toute évidence, mortellement touchée). Ne doit pas être négligé le signal que pourraient avoir constitué le fameux mouvement d’élévation du parapluie ouvert tenu par l’« umbrella man », suivi du lever de main de son accompagnateur, le « dark complected man », ce dernier s’avançant jusqu’à l’extrémité du bord du trottoir, comme s’il avait pu chercher à être mieux vu depuis le Dal-Tex et/ou à se trouver quasiment dans le champ de vision de tireurs ayant leurs lunettes de tir pointées sur la Lincoln présidentielle.


Dernière édition par Triri le Dim 29 Nov - 20:36, édité 25 fois (Raison : Complément au 1er paragraphe.)

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Remarques complémentaires.

Message par Triri le Mer 18 Juin - 19:11

Entre 12 h. 20 et 12 h. 35, Oswald se cache, conformément aux consignes qu’il a reçues. Il ne doit pas être vu ailleurs qu’au 5ème étage, pendant l’attentat, pour que sa participation directe aux tirs soit vraisemblable. Néanmoins, il a choisi d’appliquer approximativement la consigne, en se contentant d’être discret, dans la salle à manger, au 1er étage. Vers 12 h. 32, il s’est avancé sur le palier, hors du vestibule, intrigué par les cris de Truly réclamant l’ascenseur, depuis le rez-de-chaussée. Ensuite, ayant entendu ce dernier et Baker s’engager dans les escaliers, il revient subitement sur ses pas, pour disparaître derrière la porte du vestibule de la salle à manger. De justesse. Ou presque de justesse, puisque, la porte étant vitrée dans sa partie haute, Baker n’a pas manqué de l’apercevoir. Tout laisse, en effet, penser qu’il n’a pas scrupuleusement respecté les consignes (Mais, à vrai dire, pourquoi l’aurait-il fait, puisqu’il ne pouvait aucunement comprendre ce qui pouvait les justifier, d’une manière ou d’une autre, et encore moins soupçonner leur véritable raison d’être ? Etant employé du TSBD, il ne pouvait pas comprendre en quoi sa présence dans la salle à manger, même alors que le cortège présidentiel passait dans la rue, aurait pu paraître suspecte, injustifiable, incriminant, aux yeux d’enquêteurs, d’autant plus que les tirs auraient eu lieu quatre étages plus haut). Certes, la grande attractivité des événements dans la rue rendait peu probable que quelqu’un se rende dans la salle à manger (privée d’ouverture donnant à l’extérieur du bâtiment), pendant qu’ils avaient lieu, néanmoins il est non moins probable qu’Oswald avait reçu la consigne de faire le guet entre la cage d’escalier reliant le cinquième et le quatrième et les portes de l’ascenseur ouest, afin de surveiller tout mouvement d’ascension (étant habitué des lieux, il était le mieux disposé à détecter les bruits ou vibrations causés par un tel mouvement), puis de fuir, dès les détonations, pour ne pas être en situation de constater que les tireurs n’emportaient pas le Mannlicher-Carcano. Au demeurant, la visite à la salle à manger que pourrait avoir effectué Carolyn Arnold prouverait a posteriori que la consigne de rester parfaitement caché était pleinement justifiée. Lorsqu’il quitte prématurément son poste de garde, il estime sans doute que tous les employés du TSBD, de même que les tireurs, sont désormais rivés à leurs postes d’observation (fenêtres, porte d’entrée et trottoirs), qu’aucun d’eux ne se déplacera dans l’immeuble. Du même coup, il estime que, pour lui, la voie ne sera jamais aussi libre que dans le cas présent. C’est sans doute, en effet, la peur de demeurer dans la zone des tireurs, et surtout d’y être surpris par quelqu’un d’étranger à l’attentat (notamment par un collègue, en mesure de bien l’identifier), qui l’a fait descendre, quelques minutes avant le moment prévu, par exemple, juste avant l’arrivée de Dougherty, vers 12 h. 27, à moins que ce ne soit précisément celle-ci qui l’ait poussé à quitter les lieux, sans avoir eu le temps d’être identifié par l’arrivant. Cette arrivée pourrait ne pas l’avoir pris de court, lui ayant laissé le temps d’alerter les tireurs puis de fuir, avant l’ouverture des portes de l’ascenseur et l’irruption de Dougherty (bien que l’ascenseur ouest utilisé par ce dernier était le plus silencieux des deux et que ses portes s’ouvraient juste en face de l’entrée de la cage d’escalier par laquelle il devait fuir). Les tireurs auraient donc eu le temps de cacher leurs armes. Cette hypothèse est néanmoins infirmée par le fait qu’il ne donne aucun signe d’agitation ou d’inquiétude, lorsque Baker le rencontre, alors même qu’il n’aurait pas connu l’issue du face-à-face entre Dougherty et les tireurs. On penchera donc plutôt pour son départ du 5ème étage, avant l’arrivée de Dougherty, soit entre 12 h. 20 et 12 h. 26, voire entre 12 h. 20 et 12 h. 22, si on admet qu’Arnold l’a vu, dans la salle à manger, vers 12 h. 23, voire encore entre 12 h. 18 et 12 h. 22, dans la mesure où l’heure de départ de Williams du 5ème étage (12 h. 20) est basée sur l’évaluation maximale de la durée de sa présence à cet étage, qui permet, le mieux, à l’équipe de Jarman de s’installer à l’étage inférieur, avant qu’il ne puisse la rejoindre, étant donné que, d’une part, Jarman évalue à entre 12 h. 20 et 12 h. 25, le moment où lui et ses deux collègues quittent le trottoir d’Elm Street pour rejoindre l’arrière du bâtiment et monter au quatrième étage, et que, d’autre part, on ne peut que le soupçonner de fixer cette heure excessivement rapprochée de celle de l’attentat, afin d’écarter (légitimement) les éventuels soupçons de sa participation à celui-ci (voir une autre hypothèse, dans notre message initial) (il va jusqu’à prétendre avoir pris l’ascenseur, entre 12 h. 25 et 12 h. 28, alors même que l’heure officielle du passage du cortège présidentiel, sur Elm Street, était fixée à 12 h. 25 – même à supposer qu’il avait eu écho du retard de cinq minutes, la marge était faible pour un détour par l’arrière du bâtiment, d’autant plus que les ascenseurs pouvaient n’être pas disponibles et qu’une accélération subite du cortège était toujours possible) ; sans compter que le témoignage de Rowland, selon lequel, juste après qu’il ait vu l’homme armé à la fenêtre sud-ouest du 5ème étage, la radio de la moto d’un policier, arrêtée près de lui, annonça le passage du cortège présidentiel sur Cedar Springs Road – qui eut lieu autour de 12 h. 16 – ne peut que faire avancer le moment où Williams quitte l’étage, sauf à admettre qu’il ait côtoyé les tireurs, pendant quelques minutes (ces derniers pourraient l’avoir délogé, en se faisant passer pour des agents de la sécurité présidentielle). Avancer de deux à cinq minutes l’heure de départ de Williams du cinquième étage reste compatible avec l’heure de l’installation de l’équipe de Jarman au quatrième, telle que nous l’avons fixée, soit entre 12 h. 15 (voire avant) et 12 h. 20 – du reste, en conformité avec le témoignage de Norman, effectué le 4 décembre 1963, devant le Secret Service, et selon lequel, il a quitté Elm Street pour le 4ème étage, vers 12 h. 15.  


Il est possible qu’il ait actionné le distributeur de boisson, avant de sortir pour écouter les appels de Truly, et qu’il n’ait ensuite pas eu le temps d’aller prendre la bouteille, avant que Baker ne l’interpelle. Raison pour laquelle il pouvait ensuite affirmer aux enquêteurs, sans vraiment mentir, être en train de boire un soda acheté au distributeur, au moment de sa rencontre avec le policier.


Le temps écoulé entre la localisation des ascenseurs au quatrième étage par Truly, depuis le rez-de-chaussée, une à deux minutes après l’attentat, et l’arrivée de ce dernier et de Baker au premier étage (au maximum 30 secondes) ne permettait pas à Oswald de descendre du 4ème au 1er, par l’ascenseur ouest, d’en refermer les portes (sans quoi Truly et Baker auraient remarqué sa présence) puis de prendre position derrière la porte du vestibule de la salle à manger refermée (proche de celle de l’ascenseur ouest et à fermeture hydraulique automatique) (au minimum 40 secondes).


Les chefs du complot n’avaient pas du tout prévu qu’Oswald puisse se faire arrêter, au lieu d’être tué. Ils ne lui avaient donc pas donné la consigne de dire aux enquêteurs qu’il avait pris le bus pour se rendre chez lui. Une fois arrêté, Oswald s’est retrouvé démuni et a donc dû improviser, parler, de sa propre initiative. Spontanément, il s’est mis à donner une version des faits qu’il estimait ne pas pouvoir déplaire à ses chefs, tout en ménageant quelque peu la vérité (emprunt d’un break Rambler). Pour autant, ces mêmes chefs pouvaient avoir prévu que le véhicule pouvait être immobilisé par la police entre le TSBD et le domicile d’Oswald et que, dans la foulée, ce dernier pouvait être arrêté. Auquel cas, ils pourraient lui avoir donné la consigne de dire que le Rambler appartenait à Mrs Paine. Consigne que, dans le cadre de son arrestation se substituant à son élimination, Oswald aurait estimé devoir être toujours respectée.


Pourquoi Buell Frazier aurait-il menti, en parlant d’un paquet plus court qu’il n’aurait été en réalité ? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées :

- par amitié ou voisinage ; pour protéger les Paine et/ou Marina Oswald.
- parce qu’il craint d’être inculpé de complicité.
- parce qu’il est complice et a peut-être lui-même placé le paquet à l’arrière du véhicule.
- parce qu’il veut mettre sur la voie d’une manipulation dont a été victime Oswald, voire de l’existence d’un deuxième fusil et donc d’un deuxième tireur : bien qu’Oswald ait bien transporté un fusil (en l’occurrence, son Mannlicher-Carcano), il faudrait comprendre qu’on lui a fait transporté – ce qui est d’autant plus facile à faire que le fusil s’avère ne pouvoir être un Mannlicher-Carcano (autrement dit, le sien).

Mais s’il n’a pas menti – comme nous l’avons supposé – Oswald pourrait avoir tenu le paquet, de biais, plaqué contre le thorax, le bas du paquet dans la paume droite, et le haut tenu, de la main gauche, à hauteur d’épaule gauche. Ou encore, comme nous le laissions entendre, la main droite sur le verrou saillant sous l’emballage et le paquet légèrement incliné vers l’avant, par le bas, le bas se dérobant ainsi à la vue d’un observateur situé à l’arrière.


Pourquoi son utilisateur a-t-il caché le Mannlicher-Carcano, près de la cage d’escalier, au lieu de s’en débarrasser, plus tôt, là où les endroits pour le cacher ne manquaient pas ? A-t-il cherché à se protéger, au moyen du fusil réarmé, le plus longtemps possible, contre un éventuel intrus lui barrant le passage ? Mais alors pourquoi n’aurait-il pas continué, au moins jusqu’à l’étage suivant, c’est-à-dire jusqu’à l’ascenseur ? Parce qu’il venait de rejoindre le second tireur, lui aussi en possession de son arme, et qu’une seule arme pouvait suffire à les protéger ? Ou bien parce que, comme nous l’avons évoqué, Oswald risquait de se trouver encore dans la cage d’escalier et qu’il convenait de lui montrer qu’on emportait bien le Mannlicher-Carcano, du moins, jusqu’à ce que le second tireur ne le pousse ou l’entraîne à déguerpir ?


Le fameux « nid du tireur », un espace bien enclos entre des rangées de caisses de livres bien jointes d’environ 1,50 mètre de hauteur, pourrait n’avoir eu d’autre fonction que de créer une barrière acoustique réfléchissant – et donc amplifiant – le bruit des détonations vers la rue. Doit-on aller jusqu’à émettre l’hypothèse que les travaux de réfection du plancher, commencés à l’autre bout de la salle, la veille (ils allaient durer trois semaines), et qui avaient déjà nécessité le déplacement de caisses de livres situées le long du mur ouest vers le mur est, pourraient avoir participé à un tel stratagème ? D’une part, l’espace libéré à l’ouest permettait une meilleure dispersion du bruit de la détonation du second fusil, vers le côté opposé à la rue, autrement dit dans le bâtiment (cf. supra, addendum sur Dougherty) ; d’autre part, les caisses amoncelées à l’est renforçaient la barrière acoustique dont nous parlions. A l’encontre de cette hypothèse, on notera la présence de piles de caisses résiduelles, le long du mur ouest, non loin de la fenêtre utilisée par le second tireur – bien visibles sur le reportage filmé par Tom Alyea.


Une déposition de Marrion Baker, faite devant l’agent du FBI Gerard Burnett, le 23 septembre 1964, et dont le texte est signé de la main de Baker, porte la mention d’un Oswald « drinking a coke » (dans la salle à manger, au moment de sa rencontre avec le policier) biffée, la biffure étant surmontée des initiales de Baker, écrites de sa main et censées indiquer qu’elle a été approuvée par ce dernier. De deux choses l’une : ou bien c’est Baker qui vient lui-même de prononcer la déposition et son greffier l’a notée, avant qu’un contrôleur lui fasse rayer la fameuse mention, en présence de Baker ; ou bien la déposition a été écrite indépendamment d’une quelconque dictée de Baker, avant qu’on ne lui demande de la signer ; au moment de sa signature, Baker (ou un contrôleur, qui, au demeurant, pourrait être le greffier lui-même, qui se corrige, après avoir été emporté à noter ce qu’il croyait savoir) fait rayer la mention, soit parce qu’elle ne correspond pas à ce dont il a été témoin, soit parce qu’il réitère (ou, comme dans la première hypothèse, parce qu’on lui fait réitérer) un mensonge effectué, dès les premiers jours. Mais, s’il s’agit d’un mensonge, on peut s’étonner que le texte de la déclaration (au demeurant, court, et dont la seule raison d’être semble avoir été de préciser que Baker ne vit personne d’autres qu’Oswald dans la salle à manger, ni dans ses alentours, au moment où il le rencontra) n’ait pas été remis au propre, afin que soit supprimée toute trace ne pouvant qu’insinuer le doute. Par ailleurs, pourquoi n’aurait-on pas obligé Mrs Reid à mentir pareillement, lors de son audition par la commission Warren, alors qu’elle est bien censée avoir rencontré Oswald, dans le prolongement immédiat de la rencontre de celui-ci avec Baker (Oswald étant officiellement sorti du bâtiment, au plus tard à 12 h. 34, heure à laquelle l’entrée est fermée par la police) ?

D’ailleurs, Mrs Reid pourrait avoir rencontré Oswald, avant Baker, après être montée au 1er étage, avant ce dernier (Elle estime à deux minutes le temps écoulé entre le dernier tir et cette rencontre, durée pendant laquelle elle échange quelques mots avec Ochus V. Campbell, situé comme elle devant l’escalier d’entrée du TSBD, et observe les fenêtres où sont penchés Jarman et ses deux collègues, présents aux 4ème étage ; du reste, Baker est plutôt porté à rallonger qu’à raccourcir l’estimation officielle de la durée écoulée entre l’instant où il quitte sa moto et sa propre rencontre avec Oswald, soit environ 1 min. 30). Du même coup, Oswald aurait revêtu sa chemise brune, juste avant sa rencontre avec Baker (raison pour laquelle celui-ci l’aurait aperçu présent dans le vestibule), parce qu’il s’apprêtait à sortir du bâtiment. Craig aurait donc bien vu Oswald monter dans le Rambler, habillé de cette chemise, et les témoignages ultérieurs de personnes l’ayant vu y monter, habillé d’un tee-shirt blanc, n’auraient eu d’autre but que de nuire à son témoignage (hypothèse néanmoins gênée par le fait que la commission Warren n’a pas donné suite aux témoignages de Marvin Robinson et Roy Cooper, recueillis par le FBI dès le 23 novembre 1963). Dans son ouvrage récapitulatif « When they killed a president », écrit au tout début des années 1970, il ne décrit pas l’habillement d’Oswald entrant dans le Rambler. S’est-il retenu de participer à la confusion que d’autres avaient intentionnellement provoquée (qu’il s’agisse de Robinson et Cooper – Forrest et Pennington n’ayant témoigné qu’à partir de 1974 – ou qu’il s’agisse, à l’opposé, des membres de la commission Warren qui, comme on l’a vu, l’ont interrogé, en lui suggérant le contenu de ses réponses, entre autres, au moment d’effectuer « une description de vêtement » ; commission Warren qu’il pouvait estimer avoir intérêt à ne pas contrarier, ne serait-ce que dans la perspective que son ouvrage trouve un éditeur, ce qui, finalement, n’aura pas lieu) ? Conservait-il quelque doute – celui-là même qu’il semble, malgré tout, avoir exprimé, devant la commission Warren, en marquant un moment d’hésitation avant de donner sa réponse – sur la façon précise dont Oswald était habillé ? Du reste, précisons qu’Oswald pourrait avoir porté sa chemise – outre normalement ou, comme nous l’avons dit, entièrement déboutonnée et pendante – en écharpe ou en bandoulière.


Dernière édition par Triri le Mar 29 Déc - 13:37, édité 25 fois (Raison : Précisions et compléments, au dernier paragraphe.)

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Remarques complémentaires II

Message par Triri le Mar 15 Sep - 18:31


Buell Frazier : arrivé à Irving, en septembre 1963, pour habiter chez sa sœur, Mrs Linnie Randle, et prendre son emploi au TSBD, après avoir quitté Huntsville, en Alabama. A deux maisons près, voisin des Paine, liés à la CIA : Michael Paine employé au Ministère de la Défense, dont la mère et Allen Dulles, Directeur de la CIA de 1953 à 1961, avaient chacun comme meilleure amie une amie commune (Dulles fut démis de ses fonctions de Directeur de la CIA par Kennedy et sera l’un des membres de la commission Warren) ; Ruth Paine issue d’une famille de Quakers, qui a compté, au moins, un agent et un collaborateur de la CIA (respectivement, son père et sa sœur) (peut-être en était-elle elle-même un, comme déclara l’avoir deviné, et même en être sure, Marina Oswald, devant le HSCA), et elle-même adepte de la secte des Quakers, la secte protestante, voire para-protestante, la plus hostile au catholicisme (religion de Kennedy).

Lee Oswald : quitte la Nouvelle-Orléans pour Irving, début octobre 1963, grâce à George de Mohrenschildt, collaborateur ou agent de la CIA (un homme manipulé par la CIA, selon Jim Garrison – cf. JFK, affaire non classée, p. 290-291) ; ce dernier lui avait fait rencontrer les Paine, à Dallas, en février, en persuadant ces derniers de l’accueillir et de l’héberger, lui et sa famille ; ce à quoi Lee fut, d’entrée, réticent, et ce qui aura lieu, en plusieurs temps : d’abord Marina et son enfant, en avril, qui font ensuite un aller-retour de plusieurs mois à la Nouvelle-Orléans, avant d’être rejoints par Lee, qui, à cette occasion, retrouve Dallas, qu’il avait quitté en avril, après y avoir séjourné, pendant deux mois, avec sa petite famille, sur West Neely Street. Trouve un emploi au TSBD, à la mi-octobre, grâce à Frazier et à Mrs Paine. Est traité de fou par cette dernière, lors d’une interview filmée postérieure au 22 novembre. Si Mrs Paine a pu chercher ainsi à se dédouaner, aux yeux du public, son comportement n’en demeure pas moins étrange, de la part de quelqu’un qui, jusque-là, avait semblé faire preuve de beaucoup de sollicitude à son égard. Le dimanche du dernier week-end, elle cherche à le contacter par téléphone pour l’inviter à l’anniversaire de sa fille. Elle prétendra avoir alors appris de Mrs Roberts qu’il n’y avait aucun locataire, chez elle, sous le nom de Lee Harvey Oswald. Mais n’a-t-elle pas plutôt cherché à jouer publiquement l’ignorante, sur ce point, dans la perspective des événements prochains ?


Frazier, qui se rend au sous-sol, quelques minutes après l’attentat, censément pour y prendre le nécessaire pour son déjeuner, qu’il y avait déposé, le matin, à son arrivée, comme il en avait l’habitude, y est-il allé indiquer aux tireurs le moment opportun pour traverser le rez-de-chaussée jusqu’à la porte de sortie arrière, et/ou y est-il allé récupérer une arme jetée dans la cage ou apportée par les tireurs ? (La coupure de l’alimentation en électricité des ascenseurs y a été effectuée, vers 12 h. 50 – au moment précis où le shérif-adjoint Mooney s’apprête à passer du premier étage aux étages supérieurs, au moyen de l’ascenseur ouest : aurait-elle permis la récupération d’une arme jetée dans la cage ?) Ou y a-t-il été, malgré lui, le témoin de la présence des tireurs ou de leur complice chargé de récupérer une arme ? Ou encore, sans lien nécessaire avec cette descente au sous-sol, a-t-il lui-même transporté le Mannlicher-Carcano, le matin, à l’insu d’Oswald ? Il aurait fait en sorte d’être en retard à suivre ce dernier, jusqu’au bâtiment du TSBD, afin de pouvoir transporter l’arme, dans son dos. Après 13 h., il s’absente du TSBD, soi-disant pour visiter son beau-père hospitalisé ; la police aura du mal à le retrouver, raison pour laquelle il sera finalement mis en garde à vue, en fin de journée, dans les locaux de la police de Dallas, avant d’être relâché. Quelle que soit l’hypothèse retenue, parmi ces trois (la 1ère et la 3ème étant, d’ailleurs, compatibles), il pourrait avoir éprouvé répulsion et remords, après avoir constaté ou soupçonné que son collègue (voire ami) avait été injustement incriminé et châtié, voire aussi – selon la 1ère et la 3ème hypothèses – en constatant que lui-même avait été manipulé pour participer à un attentat contre le Président (Ils auraient été éventuellement persuadés qu’ils allaient participer à un simulacre d’attentat contre le Président, duquel celui-ci devait sortir indemne, quoique en l’ayant vécu comme un avertissement ; on n’ignorera pas non plus l’hypothèse avancée par Douglass, selon laquelle, lorsque Arnold le vit dans la salle à manger du TSBD, Oswald aurait été en train d'attendre patiemment des agents du FBI pour arrêter les comploteurs qu’il leur aurait eu préalablement dénoncés – « JFK et l’indicible », p. 468) ; ce qui l’aurait poussé à faire valoir subtilement l’existence d’une seconde arme, devant la commission Warren. Eprouvant du scrupule, au moment de devoir incriminer Oswald, il aurait choisi une solution intermédiaire : Oswald aurait bien porté un grand sac, mais pas suffisamment grand pour transporter un Mannlicher-Carcano. Devant le HSCA, en revenant quelque peu – dans une déposition pas faite sous serment – sur ses déclarations faites devant la commission Warren, il prolongerait, en fait, sa démarche initiale, en l’améliorant, du point de vue de la thèse officielle : Oswald lui semble toujours avoir porté un sac trop petit pour un Mannlicher-Carcano, mais, pour autant, il l’a observé le transporter, à une distance d’une centaine de mètres, et non plus d’une vingtaine, et d’une façon plutôt distraite. Il reste que la troisième hypothèse implique la difficulté que nous avons déjà mentionnée : Oswald aurait pu constater la disparition de son arme, du garage des Paine, avant de partir au travail, ce qui, dans la mesure où il était complice de l’attentat (en tant que simple guide et protecteur des tireurs dans le TSBD), aurait pu éveiller des soupçons préjudiciables au bon déroulement du complot. Aussi, conviendrait-il de se rendre à l’hypothèse suivante : le break Rambler qui l’a ramassé, devant le TSBD, après l’attentat, aurait bien été celui de Mrs Paine, et se serait rendu sur le parking du TSBD, dans la matinée, après la reprise du travail d’Oswald, avec le Mannlicher-Carcano dans son coffre. Les tireurs n’auraient eu plus qu’à se servir, avant d’entrer dans le bâtiment.

Pour autant, on notera que l’arme pourrait avoir été transportée par Oswald... ou un sosie, un ou deux jours avant le 22, si l’on se réfère au témoignage de Ralph Leon Yates, qui a rapporté, à son collègue Dempsey Jones, dès le 21, et au FBI, le 26, avoir pris en auto-stop, depuis la voie express R.L. Thornton, près de sa sortie sur Beckley Avenue, jusqu’au TSBD, vers 10 h. 30, probablement le mercredi 20, à moins que ce n’ait été le lendemain (sa mémoire de la date restant incertaine), un homme « identique à Oswald » et portant un paquet de 1,20 m. à 1,30 m. qu’il disait contenir des tringles à rideau et qui, alors que Yates engageait la conversation avec lui sur la visite prochaine de Kennedy, montra de l’empressement à répondre, tout en cherchant à la faire porter sur « la faisabilité de tirer sur le Président depuis un bâtiment, quand il passerait là ». Que le paquet ait contenu des tringles ou qu’il ait contenu un fusil, l’histoire aurait été ensuite transposée au matin du 22, pour faire oublier le témoignage de Yates, qui ne manquait pas de déranger la narration officielle des événements, tout en pouvant paraître l’avoir alimentée, paradoxalement. A priori, on a plutôt tendance à penser que l’homme pris en auto-stop par Yates était un sosie d’Oswald, d’autant plus que le vrai Oswald était censé se trouver déjà au TSBD, lorsque Yates y déposa son passager (ce que le FBI n’est néanmoins finalement pas parvenu à prouver). Il reste que, jusqu’à sa mort, Yates est demeuré sûr et certain d’avoir identifié le vrai Oswald. Quoi qu’il en soit, il est possible, sinon probable, que ce qu’il a vécu, ce matin du 20 (ou 21), s’inscrivait dans le plan d’assassinat du Président ; plan que la visite inopinée d’Oswald à Irving, le soir du 21, serait venue bouleverser, en nécessitant sa modification. Ayant transporté son arme au TSBD, le matin du 20 (ou 21), Oswald n’avait plus de raison d’aller la chercher, le soir du 21 (quoique, à vrai dire, comme nous en tiendrons compte, pour finir, pas non plus de raison de ne pouvoir aller chez les Paine pour faire autre chose) ; auquel cas, il fallait choisir : soit gommer le témoignage d’un seul individu, en l’occurrence, Yates, soit gommer le témoignage d’au moins trois individus : Frazier, Mrs. Paine et Marina Oswald, qui tous avaient vu Oswald se rendre chez les Paine, le soir du 21 ; visite qui pourrait bien n’avoir eu qu’un motif affectif et conjugal : se réconcilier avec sa femme et la convaincre de le suivre, dans sa fuite, le lendemain ou les jours suivants, et visite qu’aucun chef de complot n’aurait pu vraiment prévoir et dont Oswald lui-même n’aurait pas mesuré qu’elle venait enrayer la mécanique du complot dont il avait commencé d’être une pièce essentielle, notamment par sa rencontre avec Yates – et ce, qu’il ait joué, avec ce dernier, sciemment et parfaitement, selon une tâche qui lui avait été assignée, ou malgré lui et ses commanditaires, en un moment d’imprudence, le rôle d’un homme pouvant être suspecté de comploter contre la vie du Président (et ce, bien sûr, au cas où l’autostoppeur pris par Yates n’aurait pas été un sosie) – la seconde hypothèse étant la plus probable, d’autant plus que c’est bien Yates qui s’est trouvé, d’entrée, faire parler son passager, et sur le paquet, au moment où il lui proposait de le ranger à l’arrière du véhicule, et sur la visite de Kennedy. La première solution – consistant à gommer le témoignage de Yates – s’offrait indéniablement comme la plus facile... quoique, rétrospectivement, il y ait tout lieu de douter qu’elle l’ait été, comme on s’en convaincra, en lisant le récit détaillé que fait de cet épisode rocambolesque et tragique (notamment pour Yates et sa famille) James W. Douglass, dans son ouvrage « JFK et l’indicible » (p. 454-460). Autant de considérations qui peuvent suffire à établir qu’Oswald n’a transporté aucun paquet, depuis Irving, le matin du 22, pas même, d’ailleurs, celui de son déjeuner, dont Frazier déclara, devant la commission Warren, que, exceptionnellement, il n’en avait pas emporté, ce jour-là, projetant de l’acheter sur place. Pour autant, puisque Oswald n’était pas sans pouvoir paraître légitimement avoir eu d’autres raisons d’aller chez les Paine que celle d’aller y chercher son arme, il n’est pas évident que cette visite pouvait venir concurrencer le transport de l’arme par le véhicule de Yates et, en conséquence, empêcher que la version officielle n’intègre le témoignage de ce dernier. Aussi, la solution pourrait être la suivante : Oswald – le vrai – transportait vraiment des tringles à rideau, lorsque Yates le prit dans son véhicule (Non démonté, le Mannlicher-Carcano mesure 1,02 m., alors que Yates parle d’un paquet de 20 à 30 cm. plus long, dans lequel, certes, le Mannlicher pouvait se noyer) ; transport qui, par la suite, ne pouvait que concurrencer le transport réellement prévu et réellement effectué du Mannlicher-Carcano, par le véhicule de Frazier, le 22 (Rappelons que les officiels n’ont eu connaissance du témoignage de Yates que le 26... du moins officiellement, puisque, dans sa première déposition, devant notaire, pour le compte du shérif, le jour même de l’assassinat du Président, Frazier parle d’un Oswald transportant, le matin même, un paquet qu’il lui déclarait contenir des tringles à rideau, ce que, dans son rapport, le capitaine Fritz confirmera avoir appris, le même jour ; au demeurant, l’hypothèse que, pour faire cette déclaration, Oswald se serait inspiré du transport qu’il avait effectué, deux jours plus tôt, n’ayant rien d’invraisemblable : en quoi serait infirmé qu’il y eut parasitage du témoignage de Yates par Frazier et/ou des officiels). Cette concurrence fut la raison pour laquelle, il fallait discréditer le témoignage de Yates, qui n’apportait que confusion et raison de douter de la version officielle, que celle-ci se fût trouvée ne pas mentir, sur ce point, ou, au contraire, attribuer à Oswald le transport de l’arme qu’un autre que lui-même et Frazier ou que lui-même et Yates aurait effectué.

Notons qu’en 1989, le chercheur Richard Bartholomew aurait découvert l’un des deux breaks Rambler présents sur Dealey Plaza, l’après-midi de l’attentat (l’un vert, dans lequel est monté Oswald, devant le TSBD, l’autre gris, dans lequel les hommes sortant de l’arrière du TSBD sont montés – selon les témoignages respectifs de Craig et Carr) : un Rambler gris dont la peinture semblait vieille et d’origine ; la découverte ayant été faite sur le campus de l’Université du Texas, à Austin, et le véhicule ayant été identifié comme ayant appartenu à un ami très proche de Lyndon Johnson, à l’époque de l’attentat, et comme ayant séjourné au Mexique, à la même époque.



Parmi les sources dont nous nous sommes servis (lisibles sur le web) :

Steve Jones, « New evidence regarding Ruth and Michael Paine ».
Larry Rivera (with Jim Fetzer), « JFK : Why Buell Wesley Frazier was erased from Altgens6 ? ».
« Reopen Kennedy Case – Richard Gilbride HSCA Collection ».
Pages sur Richard Carr et Richard Bartholomew du « education forum – JFK assassination debate ».


Pour un complément d’information sur les finances d’Oswald, plutôt que de paraphraser, nous renvoyons à la lecture du message intitulé « Oswald’s finances during the summer of 1963 », publié, le 4 février 2015, par George W. Bailey, sur son blog « Oswald’s mother – essays on the assassination of JFK ». Les informations y sont parfaitement complémentaires de celles que nous avons fournies ; excepté un point de désaccord mineur : Bailey mentionne un versement d’allocation chômage de 39 dollars, comme ayant été le dernier perçu par Oswald, début octobre, alors que, nous référant à l’étude de Ira David Wood (déjà citée), nous avons mentionné un ultime versement de 33 dollars, début novembre.


Dernière édition par Triri le Mer 14 Déc - 20:22, édité 8 fois (Raison : Corrections et compléments.)

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Une histoire de blouson (Remarques complémentaires III)

Message par Triri le Mer 14 Déc - 18:32

- Mrs Roberts : Oswald quitte son domicile, en « petit manteau gris » (« short gray coat ») (déclaration à un reporter de la radio, le 22 novembre 1963) ; en « blouson à fermeture éclair » (« zipper jacket ») dont elle ne se souvient plus de la couleur (au FBI, le 27 novembre) ; en blouson à fermeture éclair de couleur sombre (au FBI, le 5 décembre 1963) ; en manteau à fermeture éclair de couleur plus sombre que celle du blouson retrouvé derrière la station service de Jefferson Boulevard (à la commission Warren). En définitive, elle se déclare n’être sûre que d’une chose : le vêtement était à fermeture éclair.
- Frazier : Oswald porte un blouson gris, le soir du 21, au départ du TSBD et à l’arrivée à Irving ; un blouson gris clair, le matin du 22, au départ d’Irving et à l’arrivée au TSBD.
- Mrs Randle : pour autant qu’elle ait pu s’en rendre compte, n’y ayant « pas vraiment beaucoup porté attention », il arrive chez elle, pour rejoindre son frère Buell, le matin du 22, en blouson gris, voire gris-bleu, la nuance du blouson bleu trouvé au TSBD en étant plus proche que celle du blouson gris clair trouvé sur Jefferson Boulevard.
- Marina Oswald : il lui semble que Lee est arrivé à Irving, le 21 au soir, en blouson gris clair ; elle n’a pas fait attention au vêtement qu’il aurait mis sur sa chemise brune à manches longues, à son départ, le 22 au matin.
- Le blouson bleu d’Oswald est retrouvé au TSBD, dans la salle des dominos, trois semaines après le 22 novembre, comme s’il avait pu y être apporté depuis cette date.
- Le blouson gris trouvé sous une voiture derrière la station service de Jefferson Boulevard est de taille M, porte l’empreinte d’un lavage chez un blanchisseur et la mention de sa fabrication en Californie (ce qui n’était pas dans les habitudes d’Oswald, selon Marina : il s’habillait en taille S, ses vêtements étaient lavés par elle, à la main, et ses deux blousons, bleu et gris, avaient été rapportés de Russie).
- Reynolds : l’homme armé disparaissant derrière la station service, sur Jefferson Boulevard, portait un « blouson bleuâtre » (« bluish jacket ») (cf. Groden, « The search for Lee Harvey Oswald », p. 143) ; il est possible que le blouson gris clair porté par le tueur ait eu des reflets bleu, sous un certain éclairage.

- Dans un reportage télévisé du 22 novembre 1963, Reynolds affirme avoir vu le fugitif armé se diriger vers une vieille maison située près de la station service, le long de la ruelle longeant le parking au nord, quoique à l’opposé de l’endroit où se trouvait la voiture sous laquelle a été retrouvé le blouson gris. Ce qui vient renforcer la probabilité que le blouson trouvé sous la voiture était celui porté par Oswald.

Malgré toutes les manipulations et les falsifications de témoignages dont ont pu être victimes les témoins (au passage, on notera que le témoignage de Benavides concernant le blouson du tueur variera, en le faisant passer du beige clair au bleu sombre), il est possible de tirer les conclusions suivantes : Arrivé en blouson gris clair, à Irving, le soir du 21, Oswald en repart, le lendemain matin, avec le même blouson, blouson que, plus tard, au moment d’entamer sa fuite vers Oak Cliff, il laisse au TSBD (très probablement avec pour seul vêtement de haut un tee-shirt blanc). A son domicile de Beckley Avenue, il endosse le blouson gris qui sera retrouvé derrière la station service de Jefferson Boulevard, blouson que sa femme pouvait ne pas connaître et qu’il était même très probablement le seul (ou quasiment le seul, Mrs Roberts pouvant inspecter sa chambre de location, au moment d’y faire le ménage) à connaître. Deux hypothèses – compatibles – peuvent être avancées pour expliquer cet habillement : 1) Il prend ce blouson, tout simplement parce que, sous la pression des événements, il a dû laisser au TSBD celui qu’il portait depuis le matin, et qu’il n’en a pas d’autre de couleur grise (prévue pour le rendez-vous avec Tippit) à sa disposition. 2) Par précaution, il prend ce blouson, afin de pouvoir l’abandonner, en cas de nécessité, sans que l’on puisse, par son moyen, remonter à lui. Mais, dans ce cas, pourquoi l’a-t-il choisi gris (couleur d’un vêtement qu’il était déjà connu pour porter), malgré que, comme nous l’avons dit, il pouvait avoir été convenu qu’il devait porter un blouson de cette couleur pour le rendez-vous avec Tippit (ce dont il aurait pu éventuellement se passer, sans forcément mettre en péril ce rendez-vous) ? Il est possible que c’ait été dans la perspective de faire endosser à quelqu’un d’autre une action dont il aurait soupçonné que celui-ci avait prévu de la lui faire endosser, après l’avoir commise, autrement dit pour annuler une manipulation dont il risquait d’être la victime (hypothèse que n’est pas sans étayer l’information relayée par James W. Douglass, selon laquelle Oswald aurait été prévenu par un agent double, en septembre 1963, qu’il était un pion manipulé au sein d’un complot visant Kennedy, ce à quoi Oswald aurait montré qu’il n’y portait pas de crédit, mais, pour autant, tout en ayant pu s’être désormais attaché à prendre quelques précautions – cf. « JFK et l’indicible », p. 242-244). Cette action pourrait avoir été une action simplement prévue pouvoir exister, sans que soit déjà connu ce qu’elle allait être (l’assassinat de Tippit se trouvant finalement la définir). Ensuite, le blouson gris du TSBD est subtilisé et remplacé par le blouson bleu qui se trouvait probablement dans ses affaires confisquées par la police de Dallas et le FBI, à son domicile, en début d’après-midi du 22.

Triri

Messages : 10
Date d'inscription : 20/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Re: DEUX TIREURS AU TSBD, DEUX « OSWALD », DEUX RENDEZ-VOUS A OAK CLIFF

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum